Le lever de voltaire - par Jean Huber - 1772
Le lever de voltaire - par Jean Huber - 1772 © domaine public / Musée de l'Hermitage

Le moraliste Chamfort, à la fin du XVIIIe, avait choisi le parti du retrait : il avait fini par concevoir pour la célébrité autant de haine qu’il avait d’amour pour la gloire.

Mais, comme c’était un homme de précision autant que de discrétion, il avait pris soin de la définir avant de la maudire : la célébrité, disait-il, consiste à être soudain connu de ceux qui, l’instant d’avant, n’avaient pas de raisons de vous connaître.

Cela présente des avantages. Madame Trierweiler dont peu de gens, il y a quelques années, savaient les mérites, touche un à-valoir avantageux pour publier demain un livre sur sa « Vie avec François ».

Cela peut produire des inconvénients. Madame Gayet s’était fait une réputation avec les films dont elle était productrice ou actrice mais maintenant, même ceux qui ignoraient tout de ses œuvres complètes veulent pénétrer jusque dans son intimité : hier, « Closer » a été condamné pour avoir publié des photos où elle se tenait dans l’espace privé de sa voiture.

Les esprits blasés diront : il ne faut pas s’étonner, les trompettes de la renommée sonnaient déjà dans la plus haute Antiquité pour Alexandre ou César.

Les scrogneugneux expliqueront que ce sont les moyens de communication d’aujourd’hui qui nous font descendre une pente fatale.

Et si on revenait au temps de Chamfort, aux années 1770-1790. A Londres, un journal inventif qui ne s’appelait pas « Closer » organisait déjà chaque mois un « tête à tête » : d’un côté un homme et son portrait, de l’autre, une femme et son portrait, et en prime, le récit de leur liaison, raconté par le menu…

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