des agriculteurs en colère défilent à lyon
des agriculteurs en colère défilent à lyon © reuters

Pour appuyer la négociation, la séduction ou la manifestation ? Un simple exemple illustrera l’oscillation qui caractérise la principale organisation d’agriculteurs, la FNSEA. Après un été scandé par les soubresauts de la crise des prix dans les principales filières d’élevage, les Jeunes Agriculteurs d’Ille-et-Vilaine ont néanmoins organisé la Fête de l’Agriculture à Bazouges-la-Pérouse : concours de labour, grand spectacle de moissonneuses-batteuses, petits et grands tous ravis... Mais à peine les tréteaux repliés, les mêmes avaient prévu de rejoindre, en cars, en tracteurs, la place de la Nation à Paris. Les slogans écrits ? Sauvez l’élevage, la bureaucratie tue l’emploi, non à la diarrhée des règlements… Ceux qui seront criés aujourd’hui risquent d’être plus violents.

Les Français des villes les entendront sans guère comprendre. Ils sont de moins en moins informés des questions agricoles. Dans « Le Parisien » ce matin, un excellent dessin. Un couple regarde la télé. La dame qui ignore que c’est plutôt le temps de l’ensilage que des moissons : « Si tous les agriculteurs montent à Paris, qui va s’occuper des récoltes ? ». Le monsieur qui ne sait pas que la France est le quatrième exportateur mondial : « Mais ne t’inquiète pas, tout ce qu’on mange vient de l’étranger ! » L’opinion en est venue à considérer avec une sorte d’indifférence le répertoire d’action des agriculteurs. On croit pouvoir en faire le catalogue, avec des types bien établis, bien caractérisés mais la course de la vie agricole est si précipitée que ses colères sont imprévisibles. Et d’ailleurs, faut-il parler de la vie agricole ? Ou bien de la mort de tout un monde auquel nous avons tourné le dos ?

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