Notre point de départ, puisqu’il faut en choisir un et qui ait des caractéristiques incontestables, ce sera Gaston Lagaffe ! À son époque s’amorce une transition. Le bureau d’entreprise - en l’occurrence, dans Gaston Lagaffe un journal - présente encore les traits du modèle administratif uniformisateur à la Balzac.

La vie de bureau - illustration américaine de 1946
La vie de bureau - illustration américaine de 1946 © Getty / GraphicaArtis

Notre point de départ, puisqu’il faut en choisir un et qui ait des caractéristiques incontestables, ce sera Gaston Lagaffe !

À son époque s’amorce une transition. Le bureau d’entreprise,en l’occurrence, dans Gaston Lagaffe un journal, présente encore les traits du modèle administratif uniformisateur à la Balzac. Mais les employés tentent de se dessiner un petit domaine individualisé tandis que les équipements techniques commencent à transformer l’espace.

L’informatisation est un des facteurs qui expliquent la création d’immeubles tout entiers dédiés aux bureaux, souvent loin des centres-villes traditionnels. On va y privilégier l’open space, à l’exemple des Etats-Unis. Il n’a pas gagné sur tous les fronts mais il a longtemps fait figure de modèle stratégique. Combien de fois n’a-t-on pas soutenu qu’il favorisait la visibilité et la fluidité. Il faudrait ajouter : la conformité de chacun.

Work place : changement de l’implantation géographique des bureaux. Open space, changement de leur disposition. Maintenant la tendance serait à…l’open desk. Le salarié, de plus en plus itinérant, se pose où il peut au siège de sa société les jours où il la rejoint. Et le soir, il fait place nette – clean desk.

Le nouveau modèle, c’est l’hôtellerie. Une conciergerie, des espaces pour le travail ou pour la conversation. Et sinon des chambres, du moins des hamacs ou des canapés. Sans oublier le coin babyfoot. Très important, le babyfoot ou le ping-pong pour le fun office. Tout ceci se dit en effet en novlangue. 

Ne sont évidemment concernés par ce californisme sucré que peu de salariés. Il n’empêche, l’évolution de la vie de bureau depuis Gaston Lagaffe, même si nous ne l’avons connue qu’en images, dans les magazines et les émissions de télé, a de quoi déconcerter. Elle s’apparente, comment dit-on aujourd’hui, à une… disruption. Au secours, il faut nous reprogrammer.

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