Dans les années 1960 et les suivantes, entre blancs et noirs, entre branches du mouvement noir, au sein des universités se mènent des luttes violentes qu’on croit connaître et se nouent des alliances qu’on ne soupçonne plus...

Un groupe de Leaders des droits civils à l'Université d'Atlanta en 1960 avec Martin Luther King au centre
Un groupe de Leaders des droits civils à l'Université d'Atlanta en 1960 avec Martin Luther King au centre © Getty / Howard Sochurek

Il est bon de célébrer le souvenir de Martin Luther King. Faut-il pour autant le faire de la manière consensuelle qui domine aujourd’hui ? Il est vrai que le président Reagan lui-même, en 1983, à son corps défendant, a accepté de lui consacrer un jour férié…

Il est juste aussi de rappeler le geste de 1955 de Rosa Parks. Elle fera figure ensuite de madone silencieuse du mouvement noir : les femmes ne cessèrent pourtant d’y jouer un rôle déterminant.

C’est après son arrestation que Martin Luther King fut appelé par les églises baptistes de Montgomery à coordonner le mouvement de boycott des bus qu’avaient organisé les habitants noirs.

Le 3 avril 1968, Martin Luther King prit une dernière fois la parole pour soutenir cette fois la grève des éboueurs de Memphis. Après son assassinat, le médecin  légiste constata que l’organisme de cet homme de 39 ans présentait tous les caractères d’un septuagénaire.

King était plus vieux encore : il disait tout haut la colère sourde accumulée par un nombre incalculable de générations d’oppression. Mais, homme-mémoire, c’était aussi un homme-carrefour. L’accent est souvent mis quand on l’évoque sur le prédicateur inspiré, le Nobel de la Paix revenu d’Oslo séduit par la social-démocratie.

En réalité, sa pensée comme sa tactique évoluaient en fonction des circonstances et son souci comme celui de ses antennes dans ses comités de recherche étaient créés  les conditions de coalitions qui pouvaient changer de forme. Les derniers temps, son opposition à la guerre du Vietnam l’avait radicalisé tandis qu’à l’autre pôle du mouvement noir, Malcolm X, se détachait à l’inverse d’une position trop extrémiste.

Ces deux-là auraient-ils pu se retrouver sur certains terrains ? Les universités, par exemple ? Dans les années 1960 et les suivantes, entre blancs et noirs, entre branches du mouvement noir,  s’y mènent des luttes violentes qu’on croit connaître et s’y nouent des alliances qu’on ne soupçonne plus.

Programmation musicale : Panther power (de l'album "Resurrection") de Tupac Shakur

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