Le 11 novembre 2018, autour de l’Arc de Triomphe, les grands de ce monde solennellement réunis célébraient la paix. Trois semaines n’étaient pas passées qu’au même endroit se déroulaient de furieux combats de rue.

Détail d'une sculpture de l'Arc de Triomphe à Paris
Détail d'une sculpture de l'Arc de Triomphe à Paris © Getty / Craig Aurness

Le 11 novembre, autour de l’Arc de Triomphe, les grands de ce monde solennellement réunis célébraient la paix. Trois semaines n’étaient pas passées qu’au même endroit se déroulaient de furieux combats de rue.

Il est encore difficile de reconstituer la journée du 1er décembre. Le choix avait été fait de protéger la place de la Concorde et les Champs Elysées. Mais il fallait non seulement gérer les espaces mais les flux de manifestants décidés à agir sans contrôle et sans parcours. Le risque était de ne pouvoir tenir aussi la place de l’Etoile. Le ministre de l’Intérieur s’est justifié hier en disant qu’il fallait mieux se retirer de temps à autre de l’Arc de Triomphe que de provoquer des morts.

Hier encore, en comparution immédiate, la procureure disait à un gilet jaune qu’arriver à 8h50 aux Champs avec tout un petit matériel de protection, c’était le signe évident de la volonté d’en découdre. Mais les groupes nationalistes ultra étaient déjà arrivés avant et ils étaient autrement armés. Pendant un bon moment, ils occupèrent littéralement le site du Soldat inconnu. En revanche, plus tard dans la journée, ce furent des activistes d’extrême gauche qui furent les plus forts. Le respect de la flamme ne les étouffe pas. Quelques-uns grimpèrent vers la terrasse du monument, dévastant tout sur leur passage. Le petit musée de l’Arc comporte heureusement peu d’œuvres. On est en droit de se demander ce qui se serait passé s’ils avaient eu le même accès au Louvre.

Des gilets jaunes procédèrent au ravivage de la flamme mais il semble qu’aux différentes phases des journées, d'autres se soient associés aux activistes des deux bords. Primo-émeutiers rejoignant les émeutiers aguerris. C’est la faiblesse des mouvements incapables de se désigner des objectifs clairs et des leaders pour les porter. Les chefs leur viennent de l’extérieur. Et quels chefs ! Samedi, tandis que le monument était dévasté, les ultras d’extrême gauche avaient roué de coups sur le pavage un ultra d’extrême droite.

Programmation musicale : Maurice Ravel "Le Tombeau de Couperin" par l'orchestre national de Lyon dirigé par Emmanuel Krivine.

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