Vue de Paris avec l'Île de la Cité par Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet - 1763
Vue de Paris avec l'Île de la Cité par Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet - 1763 © The J. Paul Getty Museum

Qu’il faille se garder à droite, à gauche, avancer en zigzag tout en guettant ce qui peut tomber des gouttières, on le sait pour l’avoir lu dans les livres –Le Tableau de Paris de Mercier par exemple.

Mais comment pénétrer vraiment dans l’entremêlement des « choses » de la ville ? Des « choses » qui peuvent être des objets, des repères, des animaux aussi, et qu’aujourd’hui nous considérons autrement que les parisiens de l’époque. Lesquels avaient un autre œil. Un exemple, un accident banal entre un carrosse et un fiacre; le carrosse, c’est celui de Sade à ses débuts. Quels regards ont pu s’échanger les passants agglutinés et le jeune marquis quand celui-ci se jeta brutalement hors de son siège pour lancer un coup de poinçon dans le ventre du cheval ? L’aristocrate considérait-il aussi le peuple comme un animal ?

Et, dans la cohue de la ville, comment l’oreille percevait-elle la cacophonie ? Le caquet des conversations qui cherchaient à se distinguer du tumulte de la circulation, tandis que retentissait parfois une trompette annonçant la lecture d’une ordonnance de police qui irait bientôt rejoindre le recueil des textes inapplicables…

Réveillons nos cinq sens, utilisons-les autrement, un peu comme on retourne un gant, et entrons dans le peuple et les choses du Paris du XVIIIe siècle.

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