Heureux les pays qui se parlent, malheureux les pays qui se taisent… 3400 débats répertoriés à travers le pays. Et 60% d’entre eux à l’initiative des maires et des élus locaux : certains d’entre eux, infatigables, en organisent plusieurs.

Séance d'un conseil municipal dans un village en 1975
Séance d'un conseil municipal dans un village en 1975 © Getty / Michel LAMBERT

Heureux les pays qui se parlent, malheureux les pays qui se taisent…

3400 débats répertoriés à travers le pays. Et 60% d’entre eux à l’initiative des maires et des élus locaux : certains d’entre eux, infatigables,  en organisent plusieurs. 

Le maire tel que le voit traditionnellement l’Etat, c’est l’ultime représentant de l’autorité centrale, celui qui, au dernier échelon du pays, a autorité de police. L’Etat, en revanche, a souvent été plus réservé quant au rôle d’organisateur de la vie démocratique que doit tenir aussi le maire dans la commune. La commune, école de la liberté. La commune par laquelle s’instille la République. La loi de 1884 qui renonce enfin à la nomination du maire par l’exécutif, interdit toujours au maire de faire voter par son conseil des adresses au gouvernement ou des proclamations politiques. Même le choix des noms de rues devait être visé par le préfet. Néanmoins, aujourd’hui, quand le pays commence à ressembler à une cocotte-minute, c’est aux maires que le pouvoir central demande d’ouvrir les soupapes !

Le discours gestionnaire qui dominait jusque-là semble soudain oublié. En 2015, la loi dite NOTRE avait pourtant marqué  le point d’orgue d’une vision technocratique prônant tout à la fois la fusion des communes, leur regroupement en communautés de communes et, d’un même mouvement, le redécoupage des régions. Les chiffres, depuis parlent : la France ne compte plus que 35 000 communes et plus d’un millier de com’com. Mais les habitants ont le sentiment que les élus sont devenus plus lointains. Les inconvénients politiques de la rationalisation gestionnaire se font vite sentir. La France est une nation où on change de pays tous les vingt ou trente kilomètres. Et les gouvernants se disent soudain qu’il faut remmailler ce qu’ils détricotaient avec assurance.

Bibliographie :

La République au village de Maurice Agulhon (Seuil).

Les communes et le pouvoir. Histoire politique des communes françaises de 1789 à nos jours de Louis Fougère (PUF).

Le pouvoir territorialisé en France de Thomas Frinault (PU Rennes).

Invitation à la restitution de la consultation citoyenne #matélémaradiodemain 

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