Caravane sur la route de la soie -Atlas catalan de Cresques Abraham- 1375
Caravane sur la route de la soie -Atlas catalan de Cresques Abraham- 1375 © domaine public

A Rome, Sénèque déjà s’interrogeait : des vêtements de soie, transparents, peuvent-ils être des vêtements ? Peu auparavant, le mot « seres » était apparu dans Virgile. La Chine donnait déjà le branle : longtemps c’est elle qui maîtrisa les secrets de fabrication de la soie et pilota son acheminement.

Aujourd’hui, elle réveille le vieux label « route de la soie », pour soutenir un immense projet qu’elle veut irriguer avec sa formidable capacité d’investissement.

Notre imagination, quand elle court le long de l’ancienne route de la soie, nous fait rêver de caravanes de chameaux, de dromadaires ou de yacks portant, le long de chemins difficiles, des marchandises rares et précieuses.

Elle a davantage de difficulté à se figurer la nouvelle route de la soie. D’abord il faut mettre le mot au pluriel tant sont entremêlés sur terre les routes proprement dites, les voies ferrées et les tuyaux. Sur mer, les navires sont maintenant surdimensionnés : comment pouvons-nous nous figurer un bateau portant vingt mille conteneurs ? Et, sous la mer, les câbles sans lesquels nos connexions seraient coupées revêtent aussi une extrême importance que nous mesurons mal. La route maritime de la soie telle que l’entend le pouvoir chinois, c’est une série de comptoirs : le mot est ancien mais les usages contemporains sont d’une toute autre dimension.

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