René Cassin, grand blessé de la Marne, Français libre dès juin 1940, savait ce qu’était la guerre...

Allégorie de la Révolution Française avec la déclaration des droits de l'homme, le bonnet phrygien, la cocarde, les branches de chêne et de laurier
Allégorie de la Révolution Française avec la déclaration des droits de l'homme, le bonnet phrygien, la cocarde, les branches de chêne et de laurier © Getty / Fototeca Storica Nazionale

René Cassin, grand blessé de la Marne, Français libre dès juin 1940, savait ce qu’était la guerre. Prix Nobel de la paix, il croyait que celle-ci ne se maintenait que par la fermeté et certes pas par la mollesse. Il n’attendait pas que l’homme change mais au lendemain du cataclysme de la Seconde Guerre, il pensait qu’il fallait, pour le protéger contre lui-même, mobiliser les forces imaginantes du droit. Aussi fut-il l’un des principaux inspirateurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui fonde depuis tout un système international de sécurité collective, de protection des personnes et de justice pénale.

Celui-ci est aujourd’hui violemment remis en cause au nom de la seule politique qui vaudrait, celle du rapport de forces. Pendant les discussions du Conseil de sécurité sur le sort des habitants d’Alep, le représentant de la Russie répétait : « Nous ne sommes pas Mère Teresa, nous ne sommes pas ici pour entendre la messe ». La Chine se juge-t-elle aussi assez puissante pour ne pas avoir à adopter le langage des droits de l’homme et il ne faut pas attendre qu’il soit celui de Donald Trump. Il y a de quoi s’inquiéter. Vivrions-nous la fin d’une époque ? L’ « idéologie des droits de l’homme », le « droit-de-l’hommisme » disent certains avec hauteur, n’aurait-il été qu’une moralité provisoire née de la dernière guerre et condamnée à s’effacer avec celles qui s’annoncent ?

Une autre interprétation peut être défendue. Le malheur des hommes fonde un droit absolu à se lever contre les pouvoirs injustes et jamais cette idée n’a été aussi présente, prégnante qu’aujourd’hui. Le rejet actuel des droits de l’homme pourrait donc être lu comme une réaction à une affirmation qui se renforce. Le procès fait aux droits de l’homme témoignerait alors d’une crise de croissance.

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