C'est au début de l'année 1940 que les Britanniques ont commencé à douter des capacités des armées françaises qu'ils avaient eu tendance à surestimer. Mais quand Paul Reynaud vient au pouvoir à Paris le 22 mars, à la grande satisfaction du nouveau Premier britannique, Winston Churchill, la confiance peut revenir.

Winston Churchill saluant Paul Reynaud lors du Conseil suprême interallié à Paris le 31 mai 1940
Winston Churchill saluant Paul Reynaud lors du Conseil suprême interallié à Paris le 31 mai 1940 © Getty / Keystone-France

Jamais dans l'histoire récente, deux équipes à Londres et à Paris n'avaient été aussi proches. Les principaux dirigeants de Londres sont francophiles, Reynaud et plusieurs de ses proches sont anglophiles.

  Les difficultés renaîtront avec les premiers  échecs de mai. Les chefs militaires français sont prompts à répéter que les Britanniques sur notre sol n'ont pas été assez nombreux ni assez utiles.  

  Il est vrai que les demandes successives d'interventions supplémentaires de la RAF n'ont pas reçu l'accueil attendu. Churchill observe pourtant que les avions britanniques sont beaucoup plus efficaces quand ils partent de leurs bases et qu'il convient de calculer à moyen terme : ils sont indispensables, explique-t-il, dans l'étape à venir de la guerre, celle de l'attaque allemande contre l'Angleterre.

  Les Britanniques avaient promis de réembarquer beaucoup des soldats alliés pris dans le piège de Dunkerque. Ils y parviennent beaucoup mieux que prévu. Cette victoire dans la défaite donne plus de poids à la détermination de Churchill qui promet le maintien de son aide si les Français devaient se résoudre à quitter la métropole pour l'Afrique du Nord. Les deux empires, les deux marines doivent continuer le combat ensemble, explique-t-il. 

Au moment où le cabinet Reynaud se réunit pour la dernière fois le 16 juin à Bordeaux, le Premier ministre britannique offre même une union des deux Etats... Projet inouï que les ministres français ne mettront même pas aux voix. "Nous ne voulons pas devenir  un dominion britannique", dit l'un d'eux.

Quand la présidence du Conseil passe alors à Pétain, le nouveau gouvernement  français se prépare à devenir un vassal de l'Allemagne.

Bibliographie :

  • Les Français de l'an 40 de Jean-Louis Crémieux-Brilhac (Gallimard).
  • Le naufrage. 16 juin 1940 de Eric Roussel (Gallimard).
  • Churchill. Le dictionnaire de Antoine Capet (Perrin).
  • Mémoires de guerre 1919-1941 de Winston Churchill (Tallandier).
Les invités
  • Antoine CapetProfesseur de civilisation britannique à l’université de Rouen
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