Jacques Chaban-Delmas dans la cour de la mairie de Bordeaux
Jacques Chaban-Delmas dans la cour de la mairie de Bordeaux © MaxPPP / Alain Dane

Premier ministre de Georges Pompidou, en 1969-1972, il avait porté, contre l’Elysée, l’idée de « nouvelle société » dont il avait fait le cœur de sa campagne présidentielle, en 1974. Il avait sévèrement échoué, après avoir été victime d’un croc-en-jambe de Chirac. Ce n’est pas toujours facile de l’emporter à droite quand on dit : « La République n’a pas besoin de divisions supplémentaires ». La recherche du consensus, dès le premier tour, est-ce l’attitude la plus payante ?

Mais voilà, c’est depuis longtemps « l’état d’esprit bordelais ». Pour faire chic, on fixe ses origines à Montaigne qui fut maire de la ville au XVIe siècle. Mais il doit bien davantage à Jacques Chaban-Delmas, lequel tint l’Hôtel de Ville, le Palais-Rohan, un demi-siècle, jusqu’en 1995 !

Plusieurs fois ministre sous la IVème, trois fois président de l’Assemblée nationale sous la Vème, il avait su créer autour de lui une société politique - d’aucuns disaient : une féodalité républicaine - qui permettait de former des alliances inattendues : les socialistes ne cherchaient généralement pas à le déloger, il avait des vassaux d’autres tendances que la sienne, il aurait même pu être le Premier ministre de Mitterrand…

Mais les clés qui permettent d’accéder au Palais-Rohan ouvrent-elles les portes de l’Elysée ? Aujourd’hui encore, les esprits forts expliquent que la métropole bordelaise n’est, en aucun cas, représentative de la société française, qui serait plus divisée, plus difficile à apaiser. Certes le premier essai n’a pas été marqué par Bordeaux en 1974 mais le match va peut-être rebondir en 2016-2017.

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