Femmes de marins, femmes de chagrin… On se souvient peut-être de « La Paimpolaise » de Botrel ou de « Mes sœurs n’épousez pas les marins » de Jean Cocteau et Marianne Oswald. Mais faut-il seulement enfermer les femmes de marins dans une cathédrale de vertu ?

Familles saluant au départ des navires de pêche aux Pays-Bas en 1929
Familles saluant au départ des navires de pêche aux Pays-Bas en 1929 © Getty / Keystone-France

 Restées à quai, les femmes elles ne restaient pas inactives pendant que leurs maris et compagnons étaient partis pour des campagnes beaucoup plus longues d’aujourd’hui.

 Emmanuelle Charpentier a travaillé sur les rares correspondances conservées des XVIIème et XVIIIème et sur les archives notariales et judiciaires. N’ayant pas l’assurance que les hommes reviendront et sachant encore moins avec quelles sommes, les femmes multipliaient les travaux de complément : boutiquières, cabaretières, regrattières, cultivatrices aussi bien sûr… Très souvent, elles assuraient les transactions voire les transferts de propriété que les hommes ne pouvaient signer. Elles étaient, en réalité, les maîtresses du temps.

Et c’est elles qui élèvent les enfants, certaines les gardant de vouloir prendre la mer, d’autres laissant se continuer les lignées maritimes.

Aujourd’hui que les durées des campagnes au loin sont bien moindres, les mêmes traits de comportement demeurent. Il ne faut pas pousser beaucoup les femmes de marins pour leur faire avouer qu’elles trouvent les hommes à terre bien souvent encombrants.

Bibliographie :

  • Le Peuple du rivage. Le littoral nord de la Bretagne au XVIIIe siècle de Emmanuelle Charpentier (PUR).
  • Les femmes et la mer à l'époque moderne de Emmanuelle Charpentier, Philippe Hrodej, Collectif (PU Rennes)
  • Les îles de l'Ouest, de Bréhat à Oléron. Du Moyen Age à la Révolution de Dominique Guillemet (Geste Editions).

Chanson Mes soeurs, n'aimez par les marins de Jean Cocteau par Marianne Oswald

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