La rougeur qui vient d’un coup au visage, le saisissement brusque qui vous prend au collet jusqu’à vous faire suffoquer…

Badinage
Badinage © Corbis / Miklos Barabas/ Leemage

La rougeur qui vient d’un coup au visage, le saisissement brusque qui vous prend au collet jusqu’à vous faire suffoquer… Toutes les époques n’ont pas accordé la même importance à ces phénomènes soudains. C’est un trait du XVIIIe que de les mettre en valeur. Il est vrai qu’il dispose, pour les expliquer, de nouvelles connaissances relatives au fluide nerveux qui peut répandre dans le corps une manière d’électricité.

Au XVIIe, on ne voyait pas les émotions ainsi : on ne croyait qu’aux humeurs qui encombrent et c’était dans les territoires de la conscience que se produisaient des obstructions et des agitations, on parlait des émotions de l’âme.

Comme quoi la fière maxime classique : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément » ne se vérifie pas. Entre le dit et l’éprouvé, il y a un écart que chaque époque tente de réduire à sa façon, avec ses connaissances médicales et son vocabulaire propre.

D’ailleurs, le mot « émotion », que nous avons tendance à utiliser aujourd’hui avec indifférence, ne provoquait-il pas lui-même un certain trouble à l’époque moderne ? Nous ne nous souvenons pas qu’au XVIIe, il était encore tout neuf.

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