C’est l’histoire d’une femme qui, d’une ambition constante, régna des décennies sur la Chine des Tang, au VIIème siècle. D’abord impératrice, elle se tenait aux côtés de son époux que la maladie rendit de plus en plus déficient, gouvernant "derrière l’écran".

Portrait de l'impératrice Wu Zetian
Portrait de l'impératrice Wu Zetian © Getty / Time Life Pictures

C’est l’histoire d’une femme qui,  d’une ambition constante, régna des décennies sur la Chine des Tang, au VIIème siècle. D’abord impératrice, elle se tenait aux côtés de son époux que la maladie rendit de plus en plus déficient, gouvernant « derrière l’écran ». Puis elle fut la seule femme de l’histoire de Chine à pouvoir être nommée « empereur ». Elle voulut même fonder sa propre dynastie.

Les annales des Tang sont moins loquaces sur elle que sur les souverains hommes. Les élites bureaucratiques avaient détesté qu’elle chamboule les règles. Elles ont donc hésité entre le silence sur son long règne et l’entretien à son sujet d’une légende noire. Pour éliminer ses victimes, n’aurait-elle pas recouru à d’étranges sortilèges en même temps qu’à des châtiments inouïs qui impressionnent encore? Et que pouvait-elle bien faire à soixante-quinze ans en compagnie de jeunes amants aux visages pâles et aux lèvres rouges ? Là encore, l’imagination fonctionne.

Personnage négatif dans l’opéra traditionnel, Wu Zetian a inspiré nombre de romans, fantastiques, érotiques, des films et des séries TV, depuis 1939.

Pour montrer sur les écrans le roman national, les réalisateurs chinois ont bien de la chance d’avoir à leur disposition des personnages historiques très nombreux et très anciens. La dynastie Tang qui développe le commerce sur le route de la soie et l’impression sur bois, c’est autre chose, tout de même, que les rois mérovingiens et Wu Zetian c’est  d’un autre calibre que Frédégonde et Brunehaut. 

Mais le premier producteur en Chine, c’est le Parti. Et il a la puissance de plier à son gré les nuques les plus souveraines. La star Fan Bingbing qu’on était tenté de comparer à l’impératrice Wu Ze tian, elle ne se déplaçait qu’entourée de trente personnes dont l’une chargée de lui faire la conversation, vient d’en faire l’expérience. Elle a soudain disparu de la circulation avant de ne refaire surface que cette semaine. La tombe de l’impératrice morte en 705 ne comporte, elle,  aucune inscription. Les élites bureaucratiques gardent le contrôle du passé comme du présent.

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