1. Le renversement du roi Farouk est un coup d'état ...majeur : il est l'œuvre d'un vaste groupe d'officiers libres formés dans la même Académie militaire qui, depuis, fournit les " numéros uns " successifs de l'Egypte. Le président Morsi a fait brièvement exception mais il lui a été reproché de trop privilégier les intérêts des seuls Frères Musulmans. Les démocrates égyptiens en sont venus à considérer que le chef des armées pouvait mieux incarner les intérêts de la nation qu'un président élu.
Le président Gamal Abdel Nasser lors du vote pour la nouvelle constitution égyptienne le 23 juin 1956
Le président Gamal Abdel Nasser lors du vote pour la nouvelle constitution égyptienne le 23 juin 1956 © Bibliotheca Alexandrina

Du coup, voici la figure du colonel Nasser qui revient. Certains la voient réapparaître comme en filigrane, derrière le visage silencieux et énigmatique, du général Al Sissi. Mais Nasser peut-il encore être un modèle? Les dernières années l'avaient démonétisé, le moule des espérances révolutionnaires qui l'avait fabriqué est cassé.

En même temps, dans un pays très jeune de 85 millions d'habitants, ceux qui ont connu la triste fin de sa chevauchée ne sont plus qu'une petite minorité: c'est -qui sait ?- une chance pour sa mémoire.

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