Ses Cahiers de la Quinzaine essayaient de donner un peu d’altitude et de vérité au débat politique. Au départ, les Cahiers faisaient figure de revue socialiste mais Péguy constata que les préoccupations de Jaurès et de ses camarades n’avaient qu’un dénominateur commun :la constitution d’un groupe et la défense de ses intérêts. Son parti à lui, ce n’ était pas la digue, c’était la vague.

Charles Péguy dessiné par Egon Schiele sur la couverture de la revue "Die Aktion" en 1914
Charles Péguy dessiné par Egon Schiele sur la couverture de la revue "Die Aktion" en 1914 © domaine public

Il devint –redevint- chrétien. Mais en assumant son passé de dreyfusard. Il citait d’abondance son ami Bernard Lazare : « L’excellence des juifs, c’est qu’ils sont d’avance les premiers libres penseurs ». On imagine l’enthousiasme que suscitaient des références de ce genre dans l’Eglise catholique de l’époque.

Suspects ou incompris, les « Cahiers » se vendaient plutôt à mille exemplaires qu’à deux mille et il manquait toujours cent abonnés à Péguy.

Le 5 septembre 1914, la chance ne le sert toujours pas. Il meurt d’une balle au front, à 41 ans seulement, à la première attaque qu’il mène.

Les bureaucrates ne le compteront pas parmi les tués de la bataille de la Marne car, pour eux, elle ne commence que le 6 !

Et pourtant sa mort la fait apparaître très vite pour ce qu’il est. Un meneur de mots mais aussi d’hommes. Un sommet avec ses pentes ardues, toutes différentes.

Un siècle après sa mort, la puissance de Péguy apparaît telle qu’on peut l’explorer par plusieurs faces, plusieurs voies. Mais il faut s’encorder serré pour le suivre.

Les liens

L'Amitié Charles Péguy

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.