La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila, fresque de Raphaël au Palais du Vatican - 1513-14
La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila, fresque de Raphaël au Palais du Vatican - 1513-14 © Jean-Pol Grandmont / Jean-Pol Grandmont

Corneille, dans une de ses dernières pièces, le représentait sûr de ses qualités, assumant sa réputation.

Réputation à partie double.

Grand politique, modèle de souverain à l'égal du roi Arthur : c'est l'image qu'a souvent conservée la tradition germanique. Et plus encore la Hongrie qui le considère comme un héros national.

Guerrier insatiable, nomade violent, destructeur du droit que Rome et le christianisme tentaient d'établir durablement : la France et l'Italie n'ont cultivé que ce souvenir, celui du barbare imprévisible.

Les sources contemporaines des hauts faits de notre homme étant concises pour ne pas dire courtes, nos textes postérieurs, en se nourrissant les uns les autres, dessinèrent du personnage des figures de plus en plus obscures : homme-chien, monstre, pis encore : méchant Sarrazin alors qu'il avait vécu bien avant Mahomet...

Jusqu'à ce qu'enfin, en 1914, dernier avatar à l'aube d'un XXe siècle qui se croyait moderne, il devienne l'allemand, le boche et que Rudyard Kipling tire le bilan de tout cette production légendaire : "Puisque le hun est à la porte, levons-nous et allons à la guerre..."

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