Au moment de sa mort, en 1965, il était encore une icône planétaire. La gloire l'avait rejoint après guerre quand il avait commencé à voyager dans le monde pour rassembler des fonds en faveur de son hôpital au Gabon. Son combat contre les armements nucléaires menés avec son ami Albert Einstein lui avait valu le Nobel de la Paix en 1952. Les Français et les Allemands répétaient en chœur : c'est un saint et, en plus, il est des nôtres ! Et les Américains demandaient: peut-on rencontrer être plus extraordinaire ?

Albert Schweitzer à l'hôpital de Lambaréné
Albert Schweitzer à l'hôpital de Lambaréné © KEYSTONE Press/ZUMA PRESS/MAXPPP

Puis, de ce côté-ci de l'Atlantique, sauf dans son Alsace natale bien sûr, l'oubli a largement recouvert le vieux docteur : la place du casque colonial est dans le placard de l'histoire. Aux Etats-Unis, le président Obama lui a cependant rendu hommage quand il a reçu à son tour le Nobel de la Pais, le citant aux cotés de Luther King et de Mandela.

Et en Afrique ? Schweitzer qui participait du vieux monde d'avant les indépendances a fait évidemment l'objet de polémiques violentes. Le gouvernement gabonais, sans lui construire un mausolée comme le congolais à Brazza, célèbre cependant le centenaire de son arrivée en Afrique. Et surnage le souvenir d'un Grand Blanc, exceptionnel parmi les Blancs. "Chez lui, dit un de ses vieux malades, tu savais que tu serais traité comme un homme."

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