Dès ses débuts, la Révolution oscilla entre des moments de ferveur et d’autres dominés par la panique. Ferveur et peur, générosité et férocité. On allumait les flambeaux les jours de fête mais combien de nuits furent illuminées aux bougies et aux lanternes afin de faire rendre gorge aux ennemis...

L'assassinat du Père Jacques-Francois Lefranc (1739-1792) supérieur des eudistes, lors des massacres de septembre, prison des carmes a Paris, septembre 1792
L'assassinat du Père Jacques-Francois Lefranc (1739-1792) supérieur des eudistes, lors des massacres de septembre, prison des carmes a Paris, septembre 1792 © AFP / Leemage

On se souvient de la prise de la Bastille le 14 juillet mais l’été qui suivit fut traversé dans une demi-douzaine de provinces par une « Grande Peur ». Rumeurs, soupçons de complots, conjuration de dangers généralement imaginaires par la dénonciation des ennemis, l’incendie des châteaux…

Dès ses débuts, la Révolution oscilla entre des moments de ferveur et d’autres dominés par la panique

Ferveur et peur, générosité et férocité. On allumait les flambeaux les jours de fête mais combien de nuits furent illuminées aux bougies et aux lanternes afin de faire rendre gorge aux ennemis qui auraient pu tirer parti de l’obscurité ?

Les nouvelles élites qui vont occuper les fonctions politiques nationales et locales n’ont pas été préparées à tant de tempêtes. Ce sont généralement des gens de bien qui portent, de haut en bas, perruques poudrées, culottes et bas et souliers à boucle d’argent. Ils sont volontiers optimistes et enclins à croire au progrès. Et voilà que s’effondrent les vieilles institutions tandis que surgissent des évènements qu’il était impossible d’anticiper. L’imprévisible et l’illisible !

La violence n’était pas inscrite dès l’origine de la Révolution dans l’esprit de ceux qui la faisaient au jour le jour

Les émotions la firent monter, par accès de fièvre. Ce qui interroge particulièrement l’historien, c’est qu’elle dressa les uns contre les autres des citoyens qui partageaient l’essentiel. Un exemple. Comment, entre 1791 et 1792, les députés élus à la Législative qui se ressemblaient tant purent-ils se déchirer si âprement au point de se considérer comme des ennemis que séparait une guerre aussi réelle que la guerre étrangère qu’ils avaient déclenchée ? De 742 au départ, ils n’étaient plus que 300 députés à siéger à la mi-92 avant que les septembriseurs n’enfoncent les portes des prisons et y massacrent les détenus.

La Première Terreur a eu lieu avant la Terreur, c’est même la Convention qui, prenant le relais de la Législative, la stoppa avant d’en déclencher à son tour.

Mais comment diable, en période de révolution, se demandait Louis-Sébastien Mercier, « en plomb vil l’or pur se changeait-il ? »

Programmation musicale : "Ah Ça Ira, Ça Ira, Ça Ira" Juliette Gréco

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