Jacqueline de Romilly tutoyait la Grèce. Les grands personnages de son époque archaïque et classique étaient ses compagnons de vie. Elle disait qu’ils avaient inventé en politique le dialogue sur l’agora et au théâtre les échanges entre la scène et les gradins.

Jacqueline de Romilly dans l'atelier du moulage du Louvre en 1989
Jacqueline de Romilly dans l'atelier du moulage du Louvre en 1989 © Getty / Micheline Pelletier Decaux

Jacqueline de Romilly tutoyait la Grèce. Les grands personnages de son époque archaïque et classique étaient ses compagnons de vie. Elle disait qu’ils avaient inventé en politique le dialogue sur l’agora, au théâtre les échanges entre la scène et les gradins et avec Thucydide l’écriture d’une histoire dégagée de l’intervention des dieux.

En 1995, la Grèce du XXème siècle lui accorda sa nationalité. C’est un titre qu’elle appréciait beaucoup personnellement. Et qui s’ajoutait à ceux qu’elle avait accumulés à Paris et qui avaient impressionné le public. Première femme élue au Collège de France, première femme élue à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres avant d’être choisie par l’Académie française elle-même…

Mais si Jacqueline de Romilly fut de plus en plus lue et écoutée au point de devenir célèbre, elle le devait à des qualités personnelles qui ne tenaient pas à ses lauriers

Sa voix était précise sans être froide, vibrante sans être lyrique. Une voix intelligible. Une voix qu’on entendait pendant qu’on la lisait.

Elle ne cessa de publier. Jusqu’après sa mort qui date de 2010 : son « Ce que je crois est posthume ». Son éditeur fidèle était Bernard de Fallois qui obtint même d’elle des nouvelles et des souvenirs très personnels. La collection Bouquins chez Laffont a déjà publié en 1990 sa traduction de l’ « Histoire de la guerre du Péloponnèse » de Thucydide, le livre auquel elle accordait la plus grande importance. Bouquins récidive avec une série de textes marquants sur Homère, Hector, Alcibiade. Et aussi sur la douceur. Il ne faut pas se tromper, disait-elle: la Grèce n’était pas un univers de force, Achille et Hector lui-même n’étaient pas tout d’un bloc.

C’est cela. La voix de Jacqueline de Romilly aurait pu être tranchante. Elle était aussi douceur.

Bibliographie :

Jacqueline de Romilly Émerveillements. Réflexions sur la Grèce antique (Edition établie par Marion Bellissime) Robert Laffont - Bouquins

Thucydide La guerre du Péloponnèse (traduction Jacqueline de Romilly) Les Belles Lettres

Jacqueline de Romilly Écrits sur l'enseignement Editions de Fallois

Jacqueline de Romilly Magie et rhétorique en Grèce ancienne Les Belles Lettres

Programmation musicale :

Jacques Offenbach La Belle Hélène (par Charles Burles)

Sergueï Taneïev Oresteïa

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