Il y a bien eu un moment spirite en France. En 1853-1854 déferla d'abord une vague de tables, tournantes et parlantes. Puis Allan Kardec s'essaya à construire un édifice sur la terre ferme.

Salon parisien avec table tournante - Journal l'Illustration en 1853
Salon parisien avec table tournante - Journal l'Illustration en 1853 © Domaine public

La tête du mouvement était à Paris, son cœur battait dans la capitale de la province, Lyon; la petite bourgeoisie et la couche supérieure du monde ouvrier se laissèrent séduire pendant une quinzaine d'années.

Le spiritisme est peut-être le seul nouveau mouvement religieux, hors des cultes reconnus, qui ait été près de réussir en France. On peut poser la question autrement: a-t-il vraiment échoué ? Le déclin des grandes religions traditionnelles n'a en effet pas laissé, automatiquement, la place au rationalisme. Les Français croient beaucoup moins à la résurrection des morts mais bien davantage à la réincarnation. Ils n'envisagent plus que ceux dont ils portent le deuil soient expédiés en enfer ni même peut-être au paradis, où, n’y ayant pas de réseaux sociaux d'amis, ils s'ennuieraient certainement; mais ils les imaginent à proximité immédiate. Sous forme d'esprits. Ou d'anges...

Et si nous vivions, sans le savoir, une époque para-spirite ?

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