La zone enclavée que nous allons parcourir, à la fois rurale et industrielle, ne peut pas dire qu’elle a été négligée par les chercheurs. Et leurs enquêtes prennent souvent la précaution d’employer des noms d’emprunt. Ce qui va être dit aujourd’hui va peut-être provoquer des surprises : où peut bien être le Germanois ?

Champs en Haute-Marne
Champs en Haute-Marne © Getty / JARRY/TRIPELON

« On est si vite oublié de nos jours ». C’est une plainte qu’on entend dans le monde rural en général et chez les gilets jaunes en particulier.

La zone enclavée que nous allons parcourir, et qui est à la fois rurale et industrielle, ne peut pas dire qu’elle a été négligée par les chercheurs. Autour de 1970, un groupe de dames du CNRS, toutes étonnantes et pionnières, s’y était établi pendant une dizaine d’années avant de publier plusieurs maîtres-livres dont on retiendra ce titre : « Une campagne voisine ». C’était l’époque des grandes enquêtes pluridisciplinaires : Plozevet en Bretagne, l’Aubrac, les Baronnies etc. Le chantier était dominé par l’ethnographie : quelles sont les manières d’être et de faire dans les villages ? Avec qui se marie-t-on ? Comment transmet-on les biens et les rituels ?

Cinquante ans plus tard, un autre collectif d’enquête revient dans la même zone, élargie toutefois. Elle est composée de sociologues. Françoise Zonabend qui appartenait à la première équipe en appelait déjà à cette nouvelle priorité. Elle disait qu’il fallait faire toute leur place aux changements. Venus souvent de l’extérieur, comment et jusqu’où transforment-ils les comportements des familles établies ? Les classes sociales s’en trouvent transformées ? Par exemple, les agriculteurs argentés se sont passablement embourgeoisés. En même temps, les sociologues ne leur accordent plus le même rôle central qu’autrefois. D’ailleurs, les rapports entre les différentes classes ont beaucoup changé avec l’émergence de groupes intermédiaires venus de l’extérieur. Cependant, tout le monde continue de se connaître, ce qui fait que les façons d’être demeurent différentes de ce qu’elles sont dans la France urbain ou périurbaine. Le Germanois, c’est le Germanois.

Vous avez dit : le Germanois ? Les enquêtes prennent souvent la précaution d’employer des noms d’emprunt. Ce qui va être dit aujourd’hui va peut-être provoquer des surprises et aussi l’envie de jouer : mais où peut bien être ce Germanois ?

Programmation musicale : Damien Saez Châtillon-sur-Seine

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