En 1975, les électeurs britanniques confirment par référendum l'entrée de leur pays dans la Communauté, effective depuis 1973. Mais, dès cette époque, le taux d'adhésion à l'Europe était relativement faible et la question divisait les deux grands partis de gouvernement, conservateurs et travaillistes. L'Angleterre est une des premières nations d'Europe à s'être imaginée comme telle et elle répugne aux "traités supranationaux" qui lui paraissent d'autant plus fermés qu'elle ne s'est jamais dotée elle-même d'une constitution écrite.

Edward Heath signant le traité d'adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté économique européenne le 22/01/1972
Edward Heath signant le traité d'adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté économique européenne le 22/01/1972 © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

Le malentendu économique, lui aussi, est constant, même si les raisons en changent. Dans les années 1970, la gauche britannique trouvait la Communauté bien trop "capitaliste". Maintenant, les Français et les Allemands se méfient d'une Angleterre devenue la tête de pont d'une économie financière dérégulée.

Lors de la conférence de presse commune qu'ont tenue tout dernièrement François Hollande et David Cameron, il manquait juste derrière les pupitres le drapeau européen. Au grand dépit du premier, le second maintient la promesse d'un referendum qui paraît maintenant inéluctable : en 2017 sera cette fois posée aux Britanniques la question de la sortie. La mèche est allumée qui se rapproche d'une dissociation - que les leaders des partis de gouvernement du Royaume-Uni ne souhaitent pourtant pas.

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