La Libération s’est jouée entre beaucoup d’acteurs. Mais la mémoire corsiste insiste sur l’action des Corses. Et, pour le général de Gaulle venu sur l’île dès les premiers jours d’octobre, c’est simple : la Corse est le premier morceau de France libérée par des Français!

Libération de la Corse en septembre 1943, ici à Ajaccio
Libération de la Corse en septembre 1943, ici à Ajaccio © Getty / Keystone

En 1939-1940 comme en 14-18 , c’est sur le continent que les Corses ont payé l’impôt du sang – et bien au-delà de la part que la France attendait d’eux. 

Mais quand on parle de la Corse, il faut toujours changer la focale. Du point de vue de l’île, l’empire colonial  occupe une place prioritaire. En revanche, l’Allemagne est loin, c’est l’Italie qui est proche.

En 1915, les Corses se sont félicités de l’entrée de l’Italie dans le conflit  aux côtés des alliés. En 1939-40, ce fut l’inverse : le ralliement de Mussolini à Hitler a été considéré comme un coup de poignard dans le dos. Sa volonté de plus en plus affirmée de récupérer l’île au nom de l’irrédentisme  a été jugée insupportable par la majorité des Corses.

En novembre 1942, en réaction au débarquement des Alliés à Alger, les Allemands passent la ligne de démarcation sur le continent mais, en Méditerranée, ce sont les Italiens qui occupent la Corse. Le ravitaillement s’en trouve interrompu, le mécontentement explose. Les Corses prennent le maquis. Non que se créent des maquis stricto sensu mais l’imaginaire de l’île est réveillé : la Corse ne se vend ni ne se donne ! L’organisation de la résistance est largement prise en main par des communistes à la personnalité singulière qui arborent les trois couleurs mais convoquent le souvenir de Sampiero Corso l’antigênois et celui de Pascal Paoli. 

En septembre 1943, ils donnent le signal de l’insurrection en septembre 1943 aussitôt après la chute de Mussolini à Rome. Que vont faire les troupes italiennes coincées sur l’île ? Et les Allemands qui veulent l’utiliser pour faire passer leurs blindés de Sardaigne à Bastia ? Comment les Alliés vont-ils organiser leurs bombardements ? Et  les soldats de la France libre qui débarquent à leur tour vont-ils suffire à relayer les résistants ? La Libération s’est jouée entre beaucoup d’acteurs. Mais la mémoire corsiste insiste sur l’action des Corses. Et, pour le général de Gaulle venu sur l’île dès les premiers jours d’octobre, c’est simple : la Corse est le premier morceau de France libérée par des Français !

Sites à consulter :

-Tous bandits d'honneur

-Comité de la Corse du sud de l'Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance

-Le musée de Bastia

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