Francois Mitterrand avec Henri Frenay (membre du Gouvernement provisoire) et Philippe Dechartre début septembre 1944
Francois Mitterrand avec Henri Frenay (membre du Gouvernement provisoire) et Philippe Dechartre début septembre 1944 © Sipa

François Mitterrand avec Henri Frenay (membre du Gouvernement provisoire) et Philippe Dechartre début septembre 1944

François Mitterrand raconta souvent son évasion. C’est à sa troisième tentative, fin 1941, qu’il put s’échapper de son stalag. La suite, il la rapporte ainsi dans Ma Part de Vérité : « Rentré en France, je deviens résistant, sans problème déchirant. »

Certains de ses contemporains savaient que le parcours avait été plus compliqué. N’avait-on pas parfois surnommé le ministre de la IVe République « Francisque Mitterrand » ? Non sans raison, mais sans que cela porte à conséquence. Il n’avait pas été des premiers résistants, pas non plus des derniers et même s’il n’avait basculé dans la clandestinité qu’en 1943, il avait assumé tous les dangers que pouvait connaître un chef de réseau. Pendant les années cinquante, on admettait que l’occupation avait été un processus continu de révélation des hommes à eux-mêmes et on souriait plutôt des incarnations multiples qu’avait pu connaître François Mitterrand.

Mais, à l’époque où il est candidat perpétuel à la présidence, le climat a changé. Les historiens insistent de plus en plus sur la responsabilité du régime de Vichy dans le choix d’une collaboration volontaire et la justice instruit contre des derniers survivants des enquêtes criminelles. Jack Lang, dans le Dictionnaire amoureux qu’il vient de consacrer à son mentor observe qu' «il n’était pas contemporain de notre époque qui - je cite- frise l’apoplexie mémorielle et l’hystérie victimaire ».

Il reste, qu’approchant de la fin de son deuxième mandat et sa fin tout court, le président a voulu, en ce domaine comme dans d’autres, opérer la clarification nécessaire devant l’Histoire. Il autorise et encourage l’enquête de Pierre Péan sur sa jeunesse dont la publication provoque un grand vacarme.Les historiens commencent alors à inventer un nouveau concept, le « vichysto-résistant » : François Mitterrand en est le prototype idéal.

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