Soldats allemands capturés par l'armée britannique le 7 juin 1944
Soldats allemands capturés par l'armée britannique le 7 juin 1944 © domaine public / Sgt Midgley N°5 Army Film & Photographic Unit

Couché tard dans son repaire du Berghof, réveillé tard ce 6 juin, Hitler avait eu ce commentaire à la mesure de l’attente des mois précédents : « Alors, ça y est ! »

Pour une fois d’accord avec Rommel, il avait sérieusement envisagé que les Alliés interviennent en Normandie, pas nécessairement pour LE débarquement mais pour UN débarquement. Les Allemands considéraient en effet l’hypothèse de plusieurs opérations successives : débarquement de diversion, débarquement principal… En réalité, leurs informations étant complètement embrouillées par les services secrets adverses, ils ne savaient pas bien quelles côtes françaises équiper par priorité. En décidant de défendre tout, ne prenaient-ils pas le risque de ne défendre rien ? En tout cas, à l’Ouest, ils disposaient de beaucoup d’atouts : ils tenaient les lieux qu’ils avaient équipés d’innombrables obstacles, ils étaient nombreux – près de 60 divisions, certaines équipées de chars qui n’avaient pas encore de concurrents. Leur faiblesse pouvait provenir du ciel : « Si vous voyez, se moquait-on, des avions blancs, ce seront des américains ; des avions noirs, des anglais ; si vous ne voyez rien, ce sera la Luftwaffe. » Le but étant de tenir le plus longtemps possible les lignes de défense puis de contre-attaquer, encore fallait-il ne pas perdre complètement la maîtrise du ciel, pouvoir rassembler utilement les panzers, ne pas devoir courir d’un point à l’autre afin de colmater les effondrements de l’infanterie. Rien de ce qui était prévu par les Allemands ne se passa comme convenu…

Soldats allemands inspectant un planeur détruit
Soldats allemands inspectant un planeur détruit ©

Mais, du côté des Alliés, il en fut de même. Caen qui verrouillait le passage vers les espaces larges mit longtemps à tomber ; dans le bocage, l’avantage était aux défenseurs…L’opération qui devait être foudroyante et ne durer qu’un mois tourna à la guerre d’usure. Les Allemands finirent par y laisser 20 000 morts et 25 000 prisonniers. « La poêle à frire française, dit l’écrivain Ilya Ehrenbourg, finit par ressembler à la fournaise russe », que Staline réchauffa le 22 juin, le jour où commençait officiellement cet été décisif.

Vue aérienne d'un bombardier américain survolant la forêt de Cerisy dans le bocage normand
Vue aérienne d'un bombardier américain survolant la forêt de Cerisy dans le bocage normand ©

Photo homepage : Prisionniers allemands en 1944 © Hulton-Deutsch Collection-CORBIS

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L’IGN édite la carte « Normandie Jour J – 6 juin 1944 »

Géo Histoire : le débarquement - le 6 juin 1944 et la bataille de Normandie

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