Portrait de Dostoïevski par Vassili Perov - 1872
Portrait de Dostoïevski par Vassili Perov - 1872 © domaine public

Les crimes qui se commettent en Russie peuvent être d’une cruauté inouïe. Pourtant, dans le sol russe, se dessine un chemin qui tend vers le ciel. Le pays serait-il fait d’une matière particulière ? Dostoïevski en est persuadé :« le peuple russe pue mais il croit en la vérité » et, comme il croit, le Sauveur se montre à lui.

C’est l’expérience personnelle de Dostoievski qui le fait parler ainsi. Ses contemporains de l’intelligentsia l’ont d’abord attiré vers les idées de l’époque, telles qu’elles venaient d’Europe : l’esprit des Lumières continué, le socialisme débutant. Pour tuer le despotisme, il aurait été prêt au terrorisme. Mais, arrêté par la police, objet d’un simulacre d’exécution, envoyé au bagne en 1849, il est comme retourné. Désormais, le contemporain, qu’il faut invoquer, c’est le Sauveur. La Russie a ceci de particulier, qui la fait échapper à la commune condition : elle se tient prête à accueillir le second avènement du Christ.

Il arrivera à Dostoiveski, accablé de dettes, de devoir se réfugier en Europe mais il vomit l’étranger. Il écrit en russe pour un public russe.

Au moment où se creuse le schisme entre Poutine le nationaliste et l’Occident post-moderne, s’il est un auteur qui incarne l’altérité de la Russie, c’est bien Dostoievski.

13h46
Daniel Morin

Les invités

Les références

L'équipe

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.