Quand le soleil noir du polar s’est levé, le genre était piloté par des magazines bon marché qui eurent le mérite de faire se lever une génération d’auteurs qui écrivaient au nom d’une expérience vécue. Dans les années 1930, ces auteurs entrèrent dans le champ de force hollywoodien.

Le polar américain
Le polar américain © Getty / Maciej Toporowicz, NYC

Quand le soleil noir du polar s’est levé, le genre était piloté par des magazines bon marché qui eurent le mérite de faire se lever une génération d’auteurs qui écrivaient au nom d’une expérience vécue. Dans les années trente, ces auteurs  entrèrent dans le champ de force hollywoodien. Ils étaient trop impécunieux pour s’en libérer mais trop intelligents pour s’en satisfaire. C’est pour cela qu’on leur doit des portraits de Hollywood en forme d’enquête qui pourraient dessiller les yeux des amnésiques.

Leurs scenarii sur les studios tournent souvent autour de chantages sexuels

Exemple : combien contre ces photos déshabillées – on dirait aujourd’hui :  sextapes ? Aussi, quand on entend aujourd’hui les personnalités d’Hollywood feindre la naïveté, on est tenté de leur lancer : « Mais vous n’avez donc jamais lu ou vu un polar ? »  

Les années 1930, années de l’envol du parlant, sont aussi et surtout celles de la Grande Dépression. 

Après les gangsters et les détectives, voici que surgissent dans le polar des personnages de hors-la-loi prolétariens

Ils vont prendre leur place dans la galerie des héros antifascistes qui se constitue alors. Les auteurs de polars souvent regardés de surplomb par la littérature mainstream vont se retrouver sur le même front culturel que des romanciers plus classiques. Ce front commun où le polar occupe pour un fois une place reconnue tiendra jusqu’à la victoire de 1945 et un peu au-delà avant d’être emporté par la nouvelle configuration politique de la guerre froide.

Mais, dans l’Amérique telle qu’elle est devenue, ce grand moment de l’histoire du polar est menacé, lui aussi, d’être recouvert par l’amnésie.

Programmation musicale : Pretty boy Floyd de Woody Guthrie.

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