En 2009, l’éphémère président Mohammed Ashi Nasheed a voulu étonner le monde en tenant sous l’eau un conseil des ministres d’urgence, histoire de sonner l’alarme : les océans montent !

Pourtant, aux Maldives, les touristes des îles-hôtels, quand ils ne robinsonnent pas sous les cocotiers, vivent déjà sous l’eau sans s’inquiéter outre-mesure. Leur sont proposés à gogo des dîners et des festivals de plongée, accompagnés de conversations avec les dauphins. Il faut juste qu’ils ne regardent pas ce qui se passe dans les autres îles habitées par les résidents permanents. Les islamistes aux commandes depuis le renversement du président Nasheed y veillent, de même qu’ils continuent de limiter à une trentaine d’années la durée des concessions qu’ils accordent aux investisseurs étrangers. Les calculs économiques et politiques s’effectuent dans le très court terme : l’espace d’une génération, dans l’espoir que n’intervienne pas de suite un raz de marée.

Dans la longue durée, l’archipel avait pourtant vécu d’une économie durable, fondée sur la pêche. C’était une société d’un genre particulier : halieutique. Les échanges se faisaient en cauris, ces coquillages de porcelaine blanche : la mer était ressentie comme moins menaçante qu’aujourd’hui, la monnaie elle-même en venait…

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