Parmi les contemporains du Second Empire, certains rejouaient l’Empire selon Napoléon – un jeu de mots disait : "c’est le second, en pire".

Détail d'un tableau de Napoléon III
Détail d'un tableau de Napoléon III © Corbis / Hippolithe Flandrin/Leemage

Parmi les contemporains du Second Empire, certains rejouaient l’Empire selon Napoléon – un jeu de mots disait : "c’est le second, en pire". Quelques-uns regrettaient la monarchie constitutionnelle. D’autres espéraient en une République hypothétique. Tous savaient d’expérience que les régimes du XIXe, l’un après l’autre, étaient vite frappés d’obsolescence. Ceux qui tiraient parti du Second Empire – et ils furent assez nombreux - choisissaient donc d’en jouir beaucoup car le risque était de n’en pas jouir longtemps.

Napoléon III, qui avait les qualités de l’alchimiste – la dissimulation, la subtilité –, savait quelques-uns des secrets de la durée. Il faisait miroiter l’or qu’il allait tirer de son chaudron et il exploitait nos défauts, nos faiblesses, nos vices. C’est Rémusat, un libéral, qui disait cela et un autre, Tocqueville, ajoutait qu’il faudrait une guerre pour que s’écroule un régime né, le 2 décembre 1851, dans la violence d’un coup d’état. C’est ce qui finit par se produire mais seulement en 1870, alors que le Second Empire, contre toute attente, avait su se renouveler profondément.

L’histoire républicaine a toujours considéré avec hostilité une période qui lui paraît, dans la démocratisation de longue durée de la vie politique, n’être qu’une regrettable parenthèse, refermée de surcroît par la défaite et l’humiliation. Cependant, régulièrement, ont lieu des tentatives de révision. On se souvient peut-être de celle menée, flamberge au vent, par Philippe Séguin, il y a un quart de siècle. Une autre commence aujourd’hui, que Le Figaro présente sous ce titre : Le Second Empire contre-attaque. Elle a peut-être davantage de chances de réussir. D’abord elle s’appuie sur tout un dispositif de recherches, de livres, d’expositions. Surtout elle correspond assez bien à notre époque qui exalte la réussite des individus et l’autorité des uniformes.

Exposition Winterhalter Franz-Xaver (1805-1873) au Château de Compiègne

Exposition Spectaculaire Second Empire, 1852-1870 au Musée d'Orsay

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