Une guerre à l’intérieur, plusieurs guerres, virtuelles ou non, à l’extérieur, la Turquie n’est pas réputée pour être un pays simple et calme.

Antalaya, Turquie
Antalaya, Turquie © Getty / Alexander Demianchuk

La Turquie n’est pas réputée pour être un pays simple et calme. Cependant la situation y a rarement été aussi instable.

Il se dit que, depuis le coup d’état manqué du 15 juillet, le Président Erdogan ne se sent plus en sécurité dès qu’il quitte son espace aérien pour entrer dans celui des autres.

À l’extérieur, Il donne néanmoins des coups de boutoir qui témoignent davantage d’un affolement que d’une stratégie progressive. En Syrie, les troupes turques viennent ainsi de franchir la frontière le 24 août pour en expulser l’Organisation État islamique et surtout pour empêcher les Kurdes d’atteindre la continuité territoriale à laquelle ils aspirent depuis un siècle. La Turquie a tendance à considérer que l’Organisation État islamique n’est peut-être qu’une bulle qu’elle a d’ailleurs contribué à gonfler mais que le danger premier, pour elle, c’est la constitution de ce bloc géographique kurde.

Si on regarde plus loin dans la région, Erdogan aurait voulu, au nom du souvenir de l’Empire ottoman, retrouver une identité moyenne orientale mais ses voisins arabes ne lui font pas non plus confiance. L’ottomanisme ne fait pas recette comme il l’espérait.

Resterait l’espace musulman et turcophone des ex-républiques soviétiques. Mais là où Erdogan se sentirait volontiers sultan, il se heurte à la vigilance de Poutine qui se voit bien en nouveau tsar. Il a dû s’employer à l’amadouer lors d’une récente visite à Moscou qui témoignait surtout de sa faiblesse.

Une guerre à l’intérieur, plusieurs guerres, virtuelles ou non, à l’extérieur. Cela fait trop d’ennemis numéro un.

Et pendant ce temps, ses alliés occidentaux se demandent de plus en plus si la Turquie est vraiment l’amie de ses amis. De pivot qu’elle était, elle devient trou d’air.

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