Montessori rejoint une préoccupation contemporaine : ne dit-on pas que nos régimes d’attention, soumis à toutes sortes de sollicitations immédiates, sont en train de se dégrader ?

La pédagogie Montessori
La pédagogie Montessori © Getty / BSIP

Il faut mettre l’enfant au-dessus de la politique

déclarait Maria Montessori quand elle reçut la Légion d’honneur en 1947.

Aujourd’hui, soixante-dix ans plus tard, le nouveau ministre de l’Education nationale explique que le meilleur moyen de dépasser les idéologies est de suivre les pistes ouvertes par les neurosciences quand elles observent les mécanismes d’apprentissage à l’œuvre dans le cerveau.

Maria Montessori, née en Italie en 1870, et bien qu’elle fût une des premières femmes médecins du continent, ne disposait pas de ces connaissances mais elle avait observé de près le jeune enfant. Son regard qui fixe intensément les adultes, la vraie joie qu’il éprouve à comprendre comment se combinent les êtres et les choses autour de lui. Avant les découvertes des neurosciences, Montessori se demandait comment l’esprit absorbant des enfants devenait un esprit comprenant.

Au départ de l'expérience de Maria Montessori, la maison des enfants

Sa première création dans un faubourg pauvre de Rome en 1907 fut nommée : la Maison des enfants. Une maison plus encore qu’une école, un environnement approprié où l’enfant pouvait concentrer ses énergies mentales afin de s’ouvrir lui-même un monde nouveau, prolifique, plein de merveilles. Pour cela, il lui fallait suivre et focaliser ses intérêts et ses énergies mentales. Là encore, Montessori rejoint une préoccupation contemporaine : ne dit-on pas que nos régimes d’attention, soumis à toutes sortes de sollicitations immédiates, sont en train de se dégrader ?

Autour de Montessori, s’est constitué un mouvement qui concernait, dès avant la Première Guerre, trois continents. Aujourd’hui, 30 000 écoles se réclament d’elle. En France, où le « développement personnel » est prôné pour tous les âges, les méthodes Montessori ont plutôt le vent en poupe mais la tendance est aussi à la critique du pédagogisme. Là encore, faisons référence au ministre Blanquer. Il distingue une sous-discipline universitaire, jargonnante et sûre d’elle-même, le « pédagogisme » et le souci de la pédagogie que tous devraient partager. Montessori le définissait ainsi : donner et faire juste ce qu’il faut pour que l’enfant puisse agir par et pour lui-même.

Site de l'Association Montessori en France

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