Quel que soit le pays où ils vivent, quelle que soit la tradition dans laquelle ils s’inscrivent, les moines et les moniales ont choisi de faire un pas de côté. Ils décalent les critères supposés de l’épanouissement : l’indépendance personnelle, l’aisance matérielle, la satisfaction sexuelle.

Moines en méditation dans un monastère au Japon
Moines en méditation dans un monastère au Japon © Getty / robert wallis

Quel que soit le pays où ils vivent, quelle que soit la tradition dans laquelle ils s’inscrivent, les moines et les moniales ont choisi de faire un pas de côté. Ils décalent les critères supposés de l’épanouissement : l’indépendance personnelle, l’aisance matérielle, la satisfaction sexuelle. Les plus modestes d’entre eux diront qu’ils ont élu un style de vie autre, les plus tranquilles qu’ils cherchent ainsi le bonheur, les plus ascétiques qu’ils pratiquent un art de mourir au monde. 

En tout cas, une seule journée des uns et des autres signifie la distance, l’écart, dans lesquels ils veulent se tenir. Scandée par les offices et les rituels, une journée dans la vie des moines contient à elle seule toute leur vie. Mieux : la vie de tous ceux qui, dans leur tradition,  les ont précédés. 

Une enquête internationale entamée par 17 ethnologues il y a plus de dix ans cherche à restituer cette respiration propre des moines et des moniales. Mais elle montre aussi que l’air dans lequel ils vivent n’est pas différent du nôtre. Les guerres et les révolutions ont sur eux des conséquences qui peuvent être fatales. En Chine, par exemple, la vie des temples taoïstes, venue de très loin, aurait pu s’interrompre. Mais même en temps de paix, rien n’est assuré. Un exemple, qui sonne comme un défi.

La vie monastique implique sinon une séparation totale, du moins un sevrage : dans la société de l’ordinateur et du portable, c’est plus problématique que jamais. 

D’un côté, les moines et les moniales, et ceux et celles qui attendent quelque chose d’eux, peuvent se rassurer : ils sont enracinés très profond. De l’autre, indiquent les chercheurs de l’atelier « Figures de moines », ils cheminent au-dessus du vide.

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