Ceux qui, dans les années 1960, parlaient de France australe regardaient la Nouvelle-Calédonie comme un territoire si éloigné, si particulier que les principes généralement affichés de la République pouvaient, sans inconvénient, ne pas s'y appliquer.

Le roi Jacques et ses épouses - Vers 1906
Le roi Jacques et ses épouses - Vers 1906 © domaine public / Coulon

Les habitants de toutes catégories en avaient fait l'expérience : de la prise de possession en 1853 à la Seconde Guerre, ils avaient été longtemps soumis à une administration coloniale directe qui avait mené une politique qui n'appartenait qu'à elle. Les Kanaks en avaient été les premières victimes. On les avait cantonnés dans des réserves comme aux États-Unis et on avait attendu leur extinction...

Ce n'est pas ce qui est advenu. En 1988, les accords de Matignon reconnaissent que la colonisation a porté atteinte à la dignité de leur peuple. S'engage un long processus de rééquilibrage: foncier, culturel, économique et social. L'intention est de tisser une communauté de destin entre les quelque 250 000 habitants : kanaks, européens d'origine, descendants d'asiatiques, nouveaux venus de Wallis et Futuna, etc...

Ceux qui seront établis récemment seront néanmoins privés du droit de vote au référendum d'autodétermination toujours prévu entre 2014 et 2018. Ce qui alimente les frustrations des non-Kanaks. L'inversion des rôles ne pouvait de toute façon que déclencher des intégrismes, de part et d'autre. Intégrismes ou esprit de réconciliation, c'est l'alternative.

(Rediffusion du 15/10/2013)

Et aussi :

Retrouvez notre page sur les Kanaks pendant la Première Guerre mondiale :

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