L’Eglise catholique, pendant la veillée pascale, en appelle, en une longue litanie, à tous les saints : « vous tous, les apôtres et les évangélistes », « vous tous les disciples du Christ »… Judas n’en est pas, il est resté sur le bord du chemin du christianisme, son prénom qui était des plus usités a disparu, son image a renforcé l’hostilité aux juifs et accessoirement,…aux roux, car il est présenté comme roux.

En réalité, les épitres de Paul, les premiers écrits du Nouveau Testament, l’ont ignoré. C’est le dernier en date des évangiles, celui de Jean, qui peint l’homme roux tout en noir. Mais Mathieu lui faisait déjà le pire des reproches : son désespoir l’aurait conduit au suicide, la faute irrémissible. Jusque-là, il aurait pu passer pour celui qui avait déclenché tout en livrant Jésus ; d’ailleurs, il avait en même temps été le premier pardonné. Mais le suicide, le refus de la rédemption ! Chez les Pères de l’Eglise, toute une tradition hostile insista donc sur la malédiction de Judas- de Jean Chrysostome à Augustin.

Cependant un courant souterrain chemina toujours qui en faisait un modèle d’humanité : c’était sa faiblesse même qui l’avait fait distinguer par Jésus. On vient de retrouver un évangile tardif du milieu du IIème siècle que des coptes d’Egypte lui dédièrent, expliquant que c’était par lui que passait le vrai message.

Aujourd’hui, notre monde centré davantage sur l’homme éprouve au moins de la tendresse pour Judas. « Qui suis-je pour juger ? » », dit souvent le pape François. Eh bien, à rebours de tout un passé, Benoit XVI avait déjà posé la même question à propos de Judas.

Judas notre frère à qui incomba un rôle bien difficile pour un homme.

Evénement(s) lié(s)

sortie du film HISTOIRE DE JUDAS

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.