Dégagez, les politiciens, nous voulons des têtes nouvelles...A force d'entendre aujourd'hui ces slogans, la crise de la démocratie représentative des années trente nous devient plus proche. Le 6 février 1934, des organisations hétéroclites appellent à une grande manifestation de colère qui manque de submerger le Palais-Bourbon. La IIIème République entre dans la zone des tempêtes.

Le colonel de La Rocque lors d'un rassemblement des Croix de Feu 16 janvier 1935 à Amiens
Le colonel de La Rocque lors d'un rassemblement des Croix de Feu 16 janvier 1935 à Amiens © Bettmann - CORBIS

Dans ce maelström des droites, le colonel de La Rocque dirige l'organisation peut-être la plus structurée, les Croix de Feu. Le 6 février, il a empêché la prise d'assaut de la Chambre des députés. Il vise à plus long terme une régénération du pays. Un an après le 6 février, ses Croix de Feu sont 300 000. 1937, changement de pied : au discours mystique il ajoute la politique électorale. Le parti qu'il crée, le PSF atteint en deux ans le million d'adhérents. S'il y avait eu des élections à ce moment, il en serait devenu l'acteur déterminant.

Mais en 1940, il n'y aura pas d'élections. La "révolution nationale" et l'apparition de "nouvelles têtes" seront d'actualité mais dans des conditions que ne souhaitait pas le colonel et dans une orchestration signée par un maréchal.

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