L'Eglise saint-Pierre de Besançon la nuit en 2005
L'Eglise saint-Pierre de Besançon la nuit en 2005 © cc / Feth

Joseph Pinard a partagé la même expérience que François Mauriac : c’était seulement plus tard dans le temps, dans le Doubs et pas dans le Bordelais. Les meilleurs croyants ne sortent pas nécessairement des bonbonnières religieuses, le frottement avec les autres est la meilleure formation. Certains allaient même plus loin : si, disaient-ils, l’instit bouffe du curé, c’est qu’il a faim de prêtres.

Ces réflexions, ces formules semblent relever d’un folklore d’un autre temps. Le mot « lycée » est maintenant appliqué à la fois aux établissements publics et aux établissements catholiques. Ceux-ci ne se définissent plus comme des « écoles libres » mais comme des établissements privés, auxquels les parents de tous poils sont, d’ailleurs, attachés, au nom de la liberté de choix et de la théorie des « avantages comparatifs ». En ce sens, la guerre scolaire est éteinte depuis qu’en 1984, François Mitterrand a mis fin au projet d’« intégration » de son ministre Alain Savary.

Cependant, aujourd’hui, beaucoup de familles musulmanes, en attendant d’avoir leurs établissements propres, comme les juifs, dirigent souvent leurs enfants vers les écoles catholiques. Et, au sein des établissements publics, la laïcité devient une question de plus en plus vive. Comment faire pour qu’elle ne soit pas entendue seulement, de manière défensive, comme une contre-religion, voire une religion de substitution ?

Revient une dernière fois le souvenir d’Alain Savary, il rêvait d’établissements d’origines différentes mais à statut unique, avec pour chacun des spécificités et, pour tous, « l’ouverture aux expériences comme aux traditions, aux sciences comme aux consciences, aux croyances comme aux incroyances. »

Notre témoin, Joseph Pinard, à l’époque député socialiste, a vécu ces années 82-84 à ses côtés.

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