La famille ? On disait : la Maison. La spécialité ? La sidérurgie. Le domaine ? Un empire, sans doute, mais que la guerre de 1870 avait divisé en deux : la frontière se tenait à la grille de l’usine lorraine de Joeuf.

"Fonderie à Indret ou Coulée de fonte" par Ignace-François Bonhommé
"Fonderie à Indret ou Coulée de fonte" par Ignace-François Bonhommé © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

La famille ? On disait : la Maison. La spécialité ? La sidérurgie. Le domaine ? Un empire, sans doute, mais que la guerre de 1870 avait divisé en deux : la frontière se tenait à la grille  de l’usine lorraine de Joeuf. Si les Wendel avaient un objectif politique, c’était bien de voir le drapeau tricolore flotter sur les usines et les localités qu’’ils contrôlaient. Et aussi de s’assurer des sources d’énergie accessibles dans le bassin rhénan et westphalien : l’Allemagne était le souci premier des Wendel.

En 1914, le chef de la Maison, François, déjà membre du Conseil de régence de la Banque de France, crut bon de se faire élire député. Il resta parlementaire jusqu’à la défaite de 1940. L’entre-deux-guerres le vit aussi président du Comité des Forges, un syndicat patronal qui avait la réputation de distribuer beaucoup d’argent à des journaux d’influence, aux partis de la droite puis aux ligues de l’extrême droite. 

François de Wendel avait construit un système-gigogne. La presse disait : « C’est un type du genre de Dieu, du Grand Lama, il plane au-dessus des hommes. » Mais peut-être eut-il mieux fait de ne pas vouloir être aussi un homme politique. C’est du moins ce que pensa toujours une partie de la famille. Demeurer peu visible donne des atouts. La puissance trop exposée isole et alimente un flot de soupçons et d’accusations. Combien de malédictions François de Wendel a-t-il entendu ? 

Il affirmait toujours qu’il ne mettait pas à la même hauteur les intérêts de la famille et ceux de la nation. Mais sa crainte de paraître agir pour des motifs financiers céda parfois à la volonté, provocatrice,  de le faire ouvertement. Sa biographie est un cas d’école qui aide à mesurer le degré d’autonomie que le politique peut garder par rapport aux forces de l’argent.

Bibliographie :

François de Wendel en République. L'argent et le pouvoir, 1914-1940 de Jean-Noël Jeanneney (Seuil).

Leçon d'histoire pour une gauche au pouvoir. La faillite du Cartel (1924-1926) de Jean-Noël Jeanneney (Seuil).

Le Récit national. Une querelle française de Jean-Noël Jeanneney (Fayard).

La sidérurgie française et la maison de Wendel pendant les Trente Glorieuses (1945-1975) de Philippe Mioche, Collectif (Université de Provence).

_On n'est pas la pour se faire engueuler...  _de Ernest-Antoine Seillière (Alma).

Ces chers cousins. Les Wendel : pouvoirs et secrets de Sophie Coignard et Romain Gubert (Plon). 

Chanson Ainsi front front front chanté par Mauricet.

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