Anniversaire de la mort de Camus, anniversaire de la tuerie de Charlie… Le retour aux textes de Camus s’impose plus que jamais.

Silhouette d'Albert Camus en 1957
Silhouette d'Albert Camus en 1957 © Getty / Loomis Dean

Les préoccupations et les propositions de Camus s’organisent selon une unité constante. On les retrouve dès le  « Caligula » qu’il écrit en 1938 et jusqu’au « Premier homme », manuscrit inachevé qu’on retrouve dans une  sacoche à proximité de la voiture qui l’emportait vers  la mort.

Camus dit que les buts que recherche la terreur sont toujours les mêmes : faire régner un ordre de mort, imposer la peur, la sidération, le silence. Mais les formes qu’elle prend  sont multiples. Camus insiste sur la  matrice d’état : il est le contemporain des grands totalitarismes. Il se documente longuement sur les  attentats nihilistes en Russie au début du XXème. Plus tard, il est touché au plus près par les attentats nationalistes dans l’Algérie de sa naissance. Et si ma mère, demande-t-il, se trouvait dans le mauvais tram ? « Je suis trop vieille, répond-elle,  je ne peux plus courir et je veux rester chez moi. »

On fera beaucoup reproche à Camus d’avoir répété après l’insurrection de 1954 qu’aucune cause ne le désolidariserait jamais des siens et d’abord de sa mère, « la plus grande cause que je connaisse au monde ». Mais, d’un bout à l’autre de son œuvre comme de ses interventions multiples,  il maintient les mêmes principes. La répulsion devant l’exécution. L’appel au dialogue afin de ne pas dresser face à l’adversaire un mur sans fenêtres. Mais aussi le refus qu’on tue pour une nation, une classe divinisée. Que peut  laisser espérer celui qui tue sans hésiter des enfants ?

Bibliographie 

  • Albert Camus, le souci des autres de Eve Morisi (Classiques Garnier).
  • Albert Camus contre la peine de mort de Eve Morisi (Gallimard).
  • Camus et l'éthique de Eve Morisi (Classiques Garnier).
  • Réflexions sur le terrorisme de Albert Camus (Nicolas Philippe).
  • Camus et le terrorisme de Jean Monneret (Michalon).

Chanson

L'hirondelle du faubourg de Anny Flore.

Les invités
  • Eve MorisiProfesseur de littérature française et francophone à l’université d’Oxford
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