Soldats soviétiques à Polotsk (Biélorussie) le 4 juillet 1944. L'affiche de propagande célébre la reconquête de la ville
Soldats soviétiques à Polotsk (Biélorussie) le 4 juillet 1944. L'affiche de propagande célébre la reconquête de la ville © domaine public /

« Ne pas inviter Poutine aux cérémonies commémoratives du débarquement aurait été une insulte au peuple russe », dit-on au Quai d’Orsay. « C’est important, répond en écho Obama, de reconnaître le rôle joué par la Russie pendant la seconde Guerre. » En réalité, il n’y a qu’en 2004 que l’invitation de Moscou avait paru simple. Avant, au temps de l’affrontement des deux blocs, le D-Day était évidemment l’apanage des Occidentaux et l’habitude ne s’est pas prise de le considérer au regard de ce qui se passait aussi sur le front Est. Or le débarquement avait pour fonction de lier une main dans le dos des Allemands puis la gigantesque offensive que lancent les Soviétiques le 22 et le 23 juin de leur lier l’autre. C’est la combinaison des deux qui pouvait emporter la décision. Au bout de quelques mois, la victoire n’avait pas encore été complètement acquise mais l’avance sur quelque 500 ou 6000 kilomètres de chacun des fronts avait amené la guerre aux portes de l’Allemagne.

Le général soviétique Pavel Poluboyarov (au centre), commandant du 4ème corps blindé de la Garde
Le général soviétique Pavel Poluboyarov (au centre), commandant du 4ème corps blindé de la Garde © /

Or cette conjonction de deux efforts ne s’était pas faite sous le signe de la confiance. Londres et Washington craignaient l’extension du communisme en Europe et Moscou une paix séparée entre Londres, Washington et… Berlin. La présence en Normandie de Poutine, qu’on a pris soin de border par le nouveau président ukrainien, embarrasse les politiques parce qu’elle réveille cette méfiance profonde qui habitait « la Grande Alliance ». Quant aux historiens occidentaux, ils ne se sont jamais hâtés pour traiter l’opération à tiroirs et à conséquences multiples que les Soviétiques déclenchent, la baptisant de surcroît du nom d’un adversaire de Napoléon : Bagration…

Centre du Front de l'Est du 22 juin au 29 août 1944 lors de l'Opération Bagration en Ruthénie blanche.
Centre du Front de l'Est du 22 juin au 29 août 1944 lors de l'Opération Bagration en Ruthénie blanche. © /
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