En mai 1967, les Israéliens écoutent avec une inquiétude grandissante les proclamations enflammées de la propagande adverse...

Des Israéliens saluent des militaires en juin 1967 - Gaza, territoires palestiens
Des Israéliens saluent des militaires en juin 1967 - Gaza, territoires palestiens © AFP / Pierre Guillaud

En mai 1967, les Israéliens écoutent avec une inquiétude grandissante les proclamations enflammées de la propagande adverse. Nasser, le leader égyptien, veut toujours garder le rôle de chef d’orchestre du panarabisme. Il fait jouer de plus en plus fort la partition de la fin de l’état d’Israël. Celui-ci sait d’expérience qu’il est minuscule, fragile et, depuis le procès Eichmann, la mémoire de l’extermination, toute proche, commence à y remonter au jour. Les Israéliens entendent qu’ils vont être jetés à la mer – ou pire.

Et dans le monde occidental, l’opinion l’entend pareillement, même si Johnson, le président américain recommande la prudence au gouvernement israélien tandis que le général de Gaulle l’enjoint de ne pas tirer le premier.

Les blocus sont extrêmement dangereux

Quand l’Egypte bloque l’accès d’Israël à la Mer rouge, le gouvernement israélien qui était décidé à agir, est prêt à le faire. A l’angoisse succèdera très vite l’euphorie. La guerre est lancée le 5 juin au petit matin et peu après le cessez-le-feu du 10, le désert du Sinaï, les hauteurs du Golan syrien, la rive droite du Jourdain jordanienne sont occupés. Et surtout les juifs retrouvent l’usage de Jérusalem dans son entier. La vieille promesse à laquelle ils avaient souvent eu tant de mal à croire encore semble enfin accomplie.

Cinquante ans après, les poisons que recélait cette victoire inattendue se sont répandus et dans le pays et dans la région. Amos Oz et Avraham Shapira avaient alors effectué une campagne d’enregistrements des soldats vainqueurs. Un film vient de sortir, on les voit aujourd’hui, devenus de vieux messieurs : assis devant des magnétophones qu’on a heureusement conservé de cette haute époque, ils écoutent leurs propres voix d’autrefois. S’ils se déclarent souvent encore heureux d’avoir contribué à sauver Israël de l’anéantissement, certains expriment leur malaise devant les opérations d’occupation et d’évacuation qu’ils ont dû mener. « J’ai vieilli d’un seul coup », dit l’un. Et l’autre ajoute : nous avons cru assurer l’avenir de nos enfants. Mais, avec l’occupation, quel sort avons-nous préparé à nos petits enfants ?

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