C’est dans les zones rurales que les ouvriers sont maintenant les plus nombreux à résider : dissimulés dans les replis de la France, ils deviennent invisibles aux yeux de qui ne veut pas voir. C’est un signe, parmi d’autres, du retour de notre système productif à des sources très anciennes.

Détail du tableau "La servante dans la cour d'une ville hollandaise", une peinture de Peter Hoogh (1629-1681) 17ème siècle Collection privée
Détail du tableau "La servante dans la cour d'une ville hollandaise", une peinture de Peter Hoogh (1629-1681) 17ème siècle Collection privée © AFP / Photo Josse / Leemage

C’est dans les zones rurales que les ouvriers sont maintenant les plus nombreux à résider : dissimulés dans les replis de la France, ils deviennent invisibles aux yeux de qui ne veut pas voir. C’est un signe, parmi d’autres, du retour de notre système productif à des sources très anciennes.

En effet, dans bien des régions, l’employeur traita longtemps avec le paysan. Il lui fournissait la matière première et collectait le produit transformé. La concentration dans les mines et les manufactures ne mit pas tout de suite fin au mode de vie  de ces ouvriers-paysans : même  réunis dans les grands établissements verticaux, ils partageaient leur temps de travail annualisé entre l’usine et  la terre.

Aujourd’hui, on en revient aux systèmes productifs locaux de la proto-industrialisation -  l’époque d’avant la grande usine à salariés. Ainsi,  les plates-formes numériques qui se présentent  comme de simples espaces d’intermédiation ressemblent  furieusement aux dispositifs qui mettaient en contact celui qui, d’un côté,  fournissait  le métier à tisser et la matière première et celui qui, de l’autre,  en faisait de la toile.

L’échange était inégal. Il l’est tout autant aujourd’hui entre le donneur d’ordre et le subordonné qui en dépend étroitement, même s’il est nommé auto-entrepreneur.

Le besoin de stabiliser les nombreux salariés de la grande usine verticale avait fini par produire, étape par étape, une législation qui apporta de la sécurité et de la dignité. Restent maintenant à trouver les chemins qui pourront permettre d’obtenir des droits à qui vit, par choix ou par obligation, dans la discontinuité des emplois.

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