La première cérémonie anniversaire du Débarquement fut organisée en 1954. Par deux normands – Joseph Laniel qui était à Matignon et René Coty qui était président de la République. Plus tard, le général de Gaulle se refusa à célébrer un évènement auquel ses alliés ne l’avaient pas associé.

Bunker allemand à la Pointe du Hoc en 2014
Bunker allemand à la Pointe du Hoc en 2014 © Getty / Ilia Yefimovich

En 1954, on disait généralement que « bien peu de vestiges du Débarquement avaient subsisté. » Les premiers réflexes avaient été de désencombrer les champs pour les ré-ensemencer et les plages pour permettre la venue des visiteurs. Raymond Triboulet, autre notable normand nommé premier sous-préfet en territoire libéré à Bayeux, avait pensé dès 1945 au tourisme de mémoire en créant en 1945 un Comité du débarquement.

Les musées ont vite fleuri dans la région  - et dans un vaste périmètre : c’est loin à l’intérieur des terres, à L’Aigle, qu’a ouvert le premier d’entre eux. A la documentation, souvent de bric et de broc, qu’ils ont rassemblée s’est jointe celle, gigantesque, fournie par les historiens de tous poils, les amateurs passionnés comme les animateurs de l’université de Caen reconstruite. Histoire orale, histoire écrite…On avait fini par croire que tout ce qui était reconstituable l’avait été,  minute par minute, localité par localité.

Alors à quoi bon l’archéologie, habituée à raisonner en temporalités beaucoup plus longues ?  C’était oublier que la discipline traite maintenant avec quantité de techniques de pointe qui la rendent spectaculaire. Elle s’est d’abord appliquée avec succès à la Grande Guerre et le débarquement lui ouvre maintenant un extraordinaire champ d’expérience. C’est une chance pour elle d’avancer avec, à ses côtés, tant de textes qui permettent vérification et confrontation. Mais il peut lui arriver de redécouvrir ce qui n’avait pas été vraiment documenté.

Ainsi,  au Sud de Caen, explore-t-on présentement une immense cave de brasserie où s’étaient dissimulés pendant des semaines des milliers de civils de la capitale normande bombardée. On y a  vu récemment une dame d’âge respectable descendre en rappel dans ce qui avait été son refuge et se mettre à témoigner de ce qui était resté inconnu. Les fouilles sont précieuses comme une pièce manquante dans un puzzle mais il arrive aussi que, comme dans ce cas, elles jouent un rôle de déclencheur. 

Bibliographie :

Archéologie du Débarquement et de la bataille de Normandie de Vincent Carpentier, Cyril Marcigny (Ouest France).

Archéologie du territoire en France. 8000 ans d'aménagement de Vincent Carpentier, Philippe Leveau (La Découverte).

Sites du Mémorial de Caen et du Mémorial de Falaise

Exposition Archéologie du débarquement à Longues-sur-Mer du 27 mai au 20 octobre 2019.

Documentaire Vestiges de guerre : chars disparus du D-Day de Serge Tignères sur RMC Découverte

Musique : Jim Radford chante The shores of Normandy

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