Carte postale de Zappy Max par les studios Vallois
Carte postale de Zappy Max par les studios Vallois © Flickr
La radio, en ces temps lointains, ne songeait pas à être filmée. Et pourtant, chacun reconnaissait Zappy : cette petite moustache au-dessus du nœud pap’, ces yeux ronds qui sortaient du visage. Et cette silhouette toujours secouée comme un boisseau de puces… S’il était à ce point identifié, c’est qu’il pratiquait sur l’antenne de Luxembourg, l’aïeule de RTL, une radio buissonnière, toujours par monts et par chemins : huit mois de l’année sur les routes avec son _Radio crochet_ et _Quitte ou double_ , qu’il anima jusqu’en 1958. Les émissions se déroulaient souvent sous un chapiteau, face à quatre mille spectateurs. Le dompteur, il est vrai, disposait d’une arme pour les tenir : la publicité. Un soir, la structure de toile menaçant de s’écrouler dans la tempête, il réussit à évacuer la foule en lui faisant chanter, soumise comme chaque jour : Dop, Dop, Dop… S’il y a un homme qui associe comme naturellement la radio et la publicité, c’est bien Zappy. Dans son fameux feuilleton _Ca va bouillir_ , il réussissait à défendre à tout bout de champ face à la noirceur de ses adversaires, le Tonneau, le Vautour et Li le chinois, la blancheur idéale que produisait la lessive qui patronnait cette hilarante radionovela. En 1966, Radio Luxembourg devint RTL ; le nouvel actionnaire, tel Bolloré aujourd’hui à Canal, congédia Zappy. Le service public songea à l’embaucher : vous seriez formidable ici, lui dit-on, mais attendez simplement un peu, il ne faut surtout pas qu’en vous voyant apparaître, l’auditeur entende un nom de marque. Zappy venait trop tôt.
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