René Vautier chez lui à Cancale le 26 mars 2009
René Vautier chez lui à Cancale le 26 mars 2009 © MaxPPP

Vautier vient de mourir, à 86 ans. Son film le plus connu, c’est « Vingt ans dans les Aurès ». Il avait été monté à partir de centaines d’heures de témoignages d’appelés d’Algérie. Son ami Kateb Yacine disait : « il ne faut tout de même pas laisser les gouvernements écrire seuls l’histoire, c’est aux peuples d’y travailler » . Si réputé que soit Vingt ans dans les Aurès, on ne se souvient pas que la télévision française l’ait souvent projeté. Wajda, son collègue de Varsovie, suggérait : « On pourrait peut-être lancer une pétition en Pologne pour la libération des écrans français. »

Vautier a peut-être tourné 80 autres films, courts, longs, jamais moyens, dont plusieurs ont disparu, dont beaucoup ont été sauvés in extremis. Du premier brûlot anti-colonial, « Afrique 50 « à « Colère noire, marée rouge », au lendemain de la catastrophe de l’Amoco Cadiz. De l’île de Sein au Zimbabwe… C’est toujours du cinéma d’intervention : « Une image, ça bouge » , disait-il, « il faut aussi qu’elle soit vraie. Je filme ce qui me frappe… » Vautier a échappé plus d’une fois à la mort, a connu la prison, celle du gouvernement français mais aussi celle des rebelles algériens. La légalité du moment lui a toujours moins importé que la fidélité à l’esprit de la Résistance qu’il avait rejointe… en classe de cinquième. « Je ne connais personne qui ait fait autant de kilomètres sans avoir de permis » , dit sa fille.

IL s’était retiré avec Soazig, à Cancale où les natifs, conservateurs d’apparence et farouchement mais farouchement attachés à la liberté, saluaient avec respect le vieil homme qui cheminait crinière blanche au vent.

C’est là qu’Inès Léraud l’a rencontré, les mois précédant sa mort, pour des entretiens qui sont encore inédits mais dont voici quelques éléments qui éclairent une vie inouïe.

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