Une des meilleures manières d’attirer la lumière est de montrer l’ombre...

Une des meilleures manières d’attirer la lumière est de montrer l’ombre. Leo Taxil réussissait très bien dans l’édition à gros tirage dans les années 1880-1890 en racontant que, derrière l’apparence, il y a toujours un secret et derrière le secret, un secret des secrets. Ce principe était au fondement de la petite entreprise qu’il avait montée et qui diffusait par dizaines de milliers brochures, albums, partitions de chansons…

Ce goût du complotisme suffirait à faire de lui un contemporain. Mais Taxil avait, en plus, le génie de changer de file dès qu’il flairait une opportunité pour mieux se vendre. Il a été tour à tour la vedette des anticléricaux et des cléricaux. Dans Le Monde hier, un dessin montrait un personnage à partie double qui disait : « Sur Le Monde.fr, je polémique sous la forme de deux pseudos qui se haïssent ». Léo Taxil, c’était déjà cela, avant le net, avec les moyens du bord de l’époque. On pense à ce comédien qui fait salle comble avec un one man show « littéraire » et qui mène double vie en multipliant les tweets haineux. Ou à ce chroniqueur qui n’est que « poésie, ouverture et intelligence à l’antenne » et qui sur un compte tweeter parallèle puise dans les bas-fonds.

Quand on fait le choix de ce genre de vie à partie double, il faut s’attendre aux polémiques et même à la bagarre. Léo Taxil n’a pas connu que le succès mais aussi le déshonneur. Néanmoins on imagine quel plaisir constant il prit à berner son monde. Pas seulement le simple gogo mais les élites des différents camps qu’il rejoignit tour à tour. Car, on en a la preuve quotidiennement aujourd’hui, ni la culture ni même l’intelligence ne préservent des rumeurs quand elles sont organisées par des manipulateurs de talent. Et il faut bien reconnaître au rebondissant Leo Taxil un certain talent.

Chanson "La Marseillaise anti-cléricale" Marc Ogeret

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