Après 1945, Berlin est une enclave en zone soviétique. À mesure que le climat se tend entre les Alliés, l’incongruité de cette situation apparaît de plus en plus. En 1948, les Soviétiques décident d’un blocus de Berlin-Ouest. Les Alliés auraient pu abandonner la partie, apparemment inégale...

Avion américain venant ravitailler Berlin Ouest lors du blocus de 1948
Avion américain venant ravitailler Berlin Ouest lors du blocus de 1948 © Getty / Tony Vaccaro

Après la défaite allemande, les Soviétiques restent seuls à Berlin pendant deux mois, laissent un souvenir cuisant aux habitants.

Le partage en secteurs se concrétise ensuite avec les Américains, les Anglais et les Français, invités eux aussi au partage.

Mais Berlin, observera-t-on, n’est pas moins une île en Mer rouge, une enclave dans la zone d’occupation soviétique. Le climat devient vite tendu entre les Alliés de la Seconde guerre mondiale. Lorsqu'ils se réunissent à Yalta et à Postdam en 1945, la bipolarisation du monde en deux blocs antagonistes est déjà schématisée géopolitiquement : les deux grandes puissances de l'après-guerre s'affrontent par le biais de deux alliances militaires interposées que sont l'OTAN, sous influence américaine pour l'ouest et le Pacte de Varsovie, sous influence soviétique à l'est. 

En 1948, les Soviétiques décident d’un blocus de Berlin-Ouest. Les Alliés mettent au point un pont aérien d’une ampleur exceptionnelle. A-t-on vu, à d’autres occasions, du charbon, transporté dans des avions ? Des avions, remarquent les habitants, qui, pour une fois, viennent nous ravitailler et non nous bombarder.

À partir de ce moment, Berlin prendra une valeur symbolique qui la marquera tout au long de la guerre froide.

Dans la décennie qui suit, il ne faut pas imaginer une imperméabilité totale entre l’Est et l’Ouest. Nombre de travailleurs passent encore quotidiennement d’un bord à l’autre des deux États allemands (RFA et RDA). C’est justement cette facilité dans la communication qui provoque de plus en plus de départs définitifs d’habitants de la RDA.

Deux ans après un premier ultimatum soviétique en 1959, la décision est prise d’ériger le Mur en août 1961.

► Cyrile Buffet, l’invité de La marche de l’histoire, en est venu à dire : « La situation, d’absurde qu’elle était, s’en est presque éclaircie. Elle ne pouvait durer éternellement. »

Bibliographie

  • Cyril Buffet, Berlin, Fayard
  • David Sanson (dir.) Berlin  - Histoire, promenades, anthologie et dictionnaire Robert Laffont
  • Jacqueline Hénard, Berlin-Ouest : histoire d'une île allemande - 1945-1989, Perrin
  • Roland Charpiot, Histoire de Berlin, Vuibert
  • Bernard Thomasson, Mon Berlin, MM2M

Discographie 

Auferstanden aus Ruinen (hymne national de la RDA)

Épisodes de la série - Berlin 

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🎧 RÉÉCOUTER - La chute du mur de Berlin fête ses 30 ans (1989-2019)

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