Les Shadoks n’ont pompé qu'entre avril 1968 et 1974. Néanmoins ils n’ont cessé de provoquer des interprétations plus savantes les unes que les autres.

Claude Pieplu et des figurine des Shadoks
Claude Pieplu et des figurine des Shadoks © Getty / Gilles BASSIGNAC/Gamma-Rapho via Getty Image

Les Shadoks n’ont pompé que trois saisons, entre avril 1968 et 1974, avec, il est vrai, une vendange tardive en l’an 2000. Néanmoins ils n’ont cessé de provoquer des interprétations plus savantes les unes que les autres.

« Mieux vaut mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes ». C’est une maxime de leur créateur, Jacques Rouxel. Lequel était mathématicien d’origine. Il ne faut pas s’étonner si les Shadoks ont été doctement commentés à l’École Polytechnique. Plus tard, Rouxel, qui était lui-même en analyse, proposa aussi des « Éléments psychocybernétiques de psychologie shadokienne ».

Les débuts de la diffusion ayant coïncidé avec le grand ébranlement de mai, on ne manqua pas non plus de lire la dissymétrie entre Shadoks et Gibis comme une figure de la lutte des classes et d’en tirer une leçon essentielle de philosophie politique : « Le pouvoir, pour diminuer le nombre de sujets de mécontentement, doit s’appliquer à taper toujours sur les mêmes. »

On a dit des choses tellement intelligentes sur les Shadoks qu’au bout du compte, on ne comprenait plus ce qu’on disait. Claude Piéplu dont la voix professorale incarna l’aventure disait : « Depuis les Shadoks, je sais que je ne sais rien mais ce rien n’étant pas rien, il peut s’emplir de tout ».

C’est ainsi que ces drôles de volatiles, qui n’en avaient certes pas l’ambition puisqu’ils savaient seulement pomper sont devenus, sans le vouloir peut-être, des acteurs de l’histoire, en tout cas une série pour l’histoire.

exposition SHADOKS ! Ga Bu Zo Miam au Musée International des Arts Modestes de Sète du 18 juin au 6 novembre 2016

Pour en savoir plus sur cette exposition, retrouvez le Mag de l'Été sur France Inter

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