En 1904, Coubertin utilise le premier le mot mondialisation mais en 1914, alors qu’ouvre le canal de Panama le même mois, c’est le début de la Grande Guerre.

Carte du monde au XIX avec les colonies françaises
Carte du monde au XIX avec les colonies françaises © Getty / Universal History Archive

Sur son lit de mort en 1825, Saint-Simon -le réformateur, l’utopiste- promettait aux jeunes gens pâles d’impatience qui l’entouraient : l’industrie est l’avenir et l’industrie, ce sont les échanges; vous avez les outils techniques et financiers pour les organiser, vous aurez le pouvoir.

Nous allons nous porter dans cette émission une génération plus tard, au milieu du XIXème. Les saint-simoniens sont nombreux dans les cercles influents du Second Empire. Et leur chef historique, Enfantin, éprouve la fierté de la mission accomplie. Il déclare : « Nous avons enlacé le globe de nos réseaux de fer, d’argent, de vapeur, d’électricité ».

Mais si l’époque donne raison aux utopistes, c’est qu’elle était porteuse des forces et des désirs qu’ils avaient su déceler les premiers. C’est vrai, les distances se raccourcissent, les hommes vont de plus en plus vers les autres hommes. Faut-il en conclure que les grandes aventures manufacturières et commerciales remplaceront les campagnes militaires et que l’humanité s’achemine vers un état d’association ?

C’est ne pas voir que le raccourcissement des distances ne réduit pas nécessairement l’écart des temps : les hommes ne vivent pas au même rythme selon qu’ils appartiennent à telle aire culturelle dans le monde, à telle catégorie dans la société. C’est un des paradoxes de l’histoire : les contemporains ne sont pas contemporains les uns des autres.

Et autre paradoxe : les navires à vapeur, les chemins de fer servent à la fois à multiplier les contacts et à porter la guerre plus loin !

A la fin de la période qui va nous occuper, en 1904, Coubertin utilise le premier le mot mondialisation mais en 1914, alors qu’ouvre le canal de Panama le même mois, c’est le début de la Grande Guerre.

Rencontre avec Sylvain Venayre et Pierre Singaravélou (animée par Emmanuel Laurentin) le mercredi 6 septembre de 19h-21h à la librairie La petite Egypte, 35 rue des petits carreaux à Paris.

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