C’est d’un pesant fardeau qu’il se délivre en abdiquant à 55 ans. Alors qu’il n’avait connu ni son père ni sa mère, il avait hérité de quatre maisons princières à la fois.

Allégorie du Saint Empire sous Charles V  par Maarten van Heemskerck and Dirck Volckertszoon Coornhert, 1556
Allégorie du Saint Empire sous Charles V par Maarten van Heemskerck and Dirck Volckertszoon Coornhert, 1556 © Getty / PHAS

De la renonciation présidentielle qu’on vient de connaître on a parlé, parfois, d’abdication. Mais comparaison n’est pas concordance exacte. Le Président prend à témoin ses électeurs, reconnaissant qu’il ne peut plus les fédérer. Charles Quint prend lui à témoin ses aïeux.

Curieusement, alors qu’il n’avait connu dans son enfance ni son père ni sa mère, il avait hérité de quatre maisons princières à la fois.

Chacune de ces maisons pesait son poids de sang. Pourtant, il aurait rêvé de ne pas ajouter du mal au mal, de suspendre le temps.

Il avait été le premier personnage de l’Europe pendant plus d’un quart de siècle mais il en contrôlait mal l’espace. Il fut condamné à voyager perpétuellement, tantôt en inspecteur pacifique tantôt à la tête d’une expédition. L’oreille aux aguets, dans l’inquiétude du danger qui pouvait sourdre de partout.

Au total, il vécut 28 ans aux Pays-Bas, 18 en Espagne dont celles qui suivirent l’abdication. Il se rendit sept fois en Italie, quatre en France, deux en Angleterre, deux en Afrique. Il n’y eut que l’Amérique qui ne reçut pas sa visite mais les conquistadores travaillaient à ses intérêts – en même temps qu’au leur.

Et là encore, au prix de quelles horreurs ? Le pouvoir universel lui était venu comme une menace. Sa résignation ne lui apporta pas la paix pour laquelle il n’était point fait.

lundi 12 décembre, La Marche de l'histoire ouvre la séance, pour de nouveaux enregistrements en public par les Comédiens-Français, de grands débats parlementaires.

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